Résumé de la décision
Dans cette affaire, la société SOS Oxygène Atlantique Centre a été sanctionnée le 2 février 2012 par la Caisse d'assurance retraite et de santé au travail (CARSAT) d'Aquitaine par un "déconventionnement" pour une durée de six mois. Cette sanction lui interdisait de bénéficier de la dispense d’avance de frais. Après que la cour administrative d’appel de Bordeaux ait annulé cette sanction, le Conseil d'État a soumis au Tribunal des conflits la question de la compétence juridictionnelle. Le Tribunal a décidé que la juridiction administrative est compétente pour connaître du litige opposant la société à la CARSAT, arguant que la convention en question est un contrat de droit public.
Arguments pertinents
1. Nature de la convention : La décision souligne que la convention nationale du 7 août 2002 a pour finalité d'organiser les relations entre organismes de sécurité sociale et prestataires médicaux. Le Tribunal établit que cette convention constitue un contrat de droit public, car elle implique une personne morale de droit public (les organismes de sécurité sociale) et organise l’exécution de services publics. "Cette convention, par laquelle une personne morale de droit public associe ses cocontractants à l'exécution du service public administratif de l'assurance maladie, constitue un contrat de droit public."
2. Prérogatives de puissance publique : La CARSAT, lors de l’application des sanctions prévues par la convention, agit en vertu de prérogatives de puissance publique. Cette détermination est essentielle pour l’attribution de la compétence juridictionnelle. "Les sanctions prononcées par la CARSAT en vertu de cette convention se rattachent à l'exercice de prérogatives de puissance publique."
Interprétations et citations légales
Le Tribunal fait référence à plusieurs textes législatifs, dont l'interprétation est cruciale pour établir la compétence juridictionnelle :
1. Code de la sécurité sociale - Article L. 165-6 : Cet article stipule que les organismes d’assurance maladie peuvent établir des conventions avec des prestataires et, en vertu de ces conventions, sanctionner des prestataires pour méconnaissance de leurs engagements. L’article précise : "Ces accords doivent comporter des dispositions adaptées à la situation des bénéficiaires."
2. Décret n° 2015-233 du 27 février 2015 : Ce décret précise la compétence des juridictions en matière de litiges liés aux prestations des dispositifs médicaux. Le Tribunal des conflits s'appuie sur ce décret pour déterminer la compétence administrative : "Le litige relève ou non de la compétence de la juridiction administrative."
En somme, la décision est fondée sur l'interprétation que la convention signe un engagement public, et par conséquent, le contentieux résultant des sanctions doit être traité par les juridictions administratives, conformément au cadre légal en vigueur.