Résumé de la décision :
Mme C..., propriétaire de parcelles à Toulouse, conteste une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Toulouse qui a refusé de confier à un expert la mission de déterminer les modalités d'exécution de travaux de construction par l’Office public de l'Habitat de Haute-Garonne (OPH 31) sans empiéter sur sa propriété. Le juge des référés a estimé qu'il n'était pas de son ressort de se mêler des choix techniques liés à la mise en œuvre des travaux. En appel, la cour a rejeté la requête de Mme C..., affirmant que les arguments avancés n'étaient pas fondés.
Arguments pertinents :
1. Incompétence du juge pour les choix techniques : La cour souligne que le juge des référés ne peut pas intervenir dans les modalités techniques des travaux, affirmant que "le premier juge a estimé [...] qu'il n'appartient pas au juge des référés de s'immiscer dans le choix des modalités techniques de mise en œuvre des travaux envisagés."
2. Caractère frustratoire de la demande : La cour rappelle qu'expertiser un point qui ne serait pas réaliste ne serait pas utile et pourrait créer des retards dans les travaux. Elle note que, "au demeurant, il ressort des photographies produites devant le premier juge qu'eu égard à l'ampleur du mur à enduire [...] la solution qu'elle propose n'apparait pas réaliste et l'expertise sur un tel point serait frustratoire."
Interprétations et citations légales :
1. Intervention du juge des référés : La cour se base sur l'article R. 532-1 du Code de justice administrative pour définir le champ d'action du juge des référés. Cet article stipule que : "Le juge des référés peut [...] prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction." Cependant, la cour précise que cette possibilité ne s'applique pas à tous les désaccords entre voisins, mais est destinée à établir des preuves en cas de dommages.
2. Limitation des expertises : La cour interprète le régime des expertises comme étant limité par la nécessité de pertinence et de faisabilité. Elle déclare que "ces dispositions [...] n'ont pas vocation à régler tous les désaccords susceptibles d'intervenir entre des voisins sur les contraintes relatives à des travaux."
En conclusion, le rejet de la requête de Mme C... repose sur la le respect des limites de l’intervention du juge, ainsi que sur la nécessité d’agir dans le cadre de la logique des travaux publics. L'ordonnance réaffirme également que le rôle du juge est d'utiliser l'expertise pour des constats factuels, sans empiéter sur le domaine des travaux techniques qui relèvent des choix de l'opérateur.