Résumé de la décision
Dans cette affaire, Mme B..., ressortissante haïtienne, a contesté un arrêté du préfet de la Guyane, qui rejetait sa demande de titre de séjour pour raisons de santé et ordonnait son éloignement. Le président du tribunal administratif avait rejeté sa demande comme tardive. En appel, la cour a annulé l'ordonnance du tribunal, considérant que le recours n'était pas tardif compte tenu de la demande d'aide juridictionnelle déposée avant l'expiration du délai de recours. L’affaire a été renvoyée devant le tribunal administratif pour être jugée sur le fond. L'État a également été condamné à verser 1 200 euros à l'avocate de Mme B... pour frais de justice.
Arguments pertinents
1. Délai de recours et aide juridictionnelle : La cour a pris en compte la demande d'aide juridictionnelle déposée par Mme B... le 1er décembre 2020, affirmant que ce dépôt lui garantissait un prorogation du délai. Ainsi, sa requête en annulation enregistrée le 16 janvier 2021 était à juste titre considérée comme introduite dans les délais. La cour a conclu : « en application des dispositions citées [...] sa requête [...] n'était pas tardive ».
2. Réception de l’ordonnance : L’ordonnance rejetant le recours a été désignée comme irrégulière, justifiant par là son annulation. La cour stipule que « c'est à tort que, par l'ordonnance attaquée, le président du tribunal administratif de la Guyane a rejeté sa demande comme irrecevable ».
3. Renvoi devant le tribunal administratif : La cour a aussi tenu compte que Mme B... n'avait pas réitéré ses conclusions sur le fond en appel, justifiant ainsi le renvoi de l’affaire au tribunal administratif pour un nouvel examen.
Interprétations et citations légales
1. Article 38 du décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 : Cet article prévoit que la demande d'aide juridictionnelle a pour effet de proroger les délais de recours. La cour a clairement interprété ce texte en stipulant : « l'action ou le recours est réputé avoir été intenté dans le délai si la demande d'aide juridictionnelle [...] est adressée au bureau d'aide juridictionnelle avant l'expiration dudit délai [...] ».
2. Loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : Ce texte régit le régime de l'aide juridictionnelle. La cour a appliqué ses dispositions pour allouer des frais de justice à l’avocate de Mme B..., affirmant que « Mme B... a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ». Cette note sous-entend que le soutien juridique nécessaire a été reconnu comme fondamental dans le cadre du droit d'accès à la justice.
3. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article précise que les frais de justice peuvent être mis à la charge de l'État dans les circonstances prévues par la loi. La décision de la cour d'imposer à l'État de régler 1 200 euros à l’avocate de Mme B... s'avère conforme à ce cadre légal. La cour précise que « dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Pepin [...] d'une somme de 1 200 euros ».
En résumé, cette décision illustre la protection juridique des droits des justiciables via l'aide juridictionnelle et la rigueur du respect des délais de recours dans le cadre des procédures administratives.