Résumé de la décision
Le 27 janvier 2020, la Cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté la requête de Mme C..., qui contestait un jugement du tribunal administratif de Toulouse en date du 28 mai 2019, ainsi que des arrêtés du préfet de la Haute-Garonne du 22 mai 2019. À l'origine, ces arrêtés avaient entraîné le transfert de Mme C... aux autorités italiennes pour l'examen de sa demande d'asile. Cependant, la cour a constaté que ces arrêtés étaient devenus sans objet suite à la délivrance d'une attestation de demande d'asile en procédure normale le 15 octobre 2019. Par conséquent, la requête était irrecevable, entraînant le rejet des autres demandes connexes de Mme C....
Arguments pertinents
La décision se base sur plusieurs arguments clés :
1. Irrecevabilité des conclusions : La cour a jugé que les conclusions de Mme C... contre les arrêtés du 22 mai 2019 étaient devenues sans objet, car elle avait reçu une attestation de demande d'asile, ce qui a implicitement abrogé ces arrêtés. La cour souligne que « les conclusions de Mme C... dirigées contre ces dernières décisions étaient devenues sans objet ».
2. Absence de dépens : La cour a également rejeté la demande de Mme C... relative au "paiement des entiers dépens du procès", précisant que ceux-ci n'en comprenaient aucun.
3. Injonction et aide juridictionnelle : La demande d'injonction et celle relative aux articles L. 761-1 du Code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ont été également déclarées irrecevables, compte tenu de la situation.
Interprétations et citations légales
Dans cette affaire, plusieurs textes de loi ont été appliqués, dont :
- Code de justice administrative - Article R. 222-1 : Cet article permet aux présidents de cour administrative d'appel de rejeter des requêtes manifestement irrecevables. Le tribunal a utilisé cet article pour justifier le rejet de la requête de Mme C..., affirmant que « les présidents (...) de cour administrative d'appel peuvent (...) rejeter les requêtes manifestement irrecevables ».
- Règlement (UE) n° 604/2013 : Ce règlement établit les critères et mécanismes pour déterminer l'État responsable de l'examen d'une demande d'asile dans l'UE. Dans ce contexte, les décisions controversées de transfert ont été examinées à la lumière de ce règlement, bien que leur pertinence ait été contestée suite à la délivrance de l'attestation d'asile.
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Ce code régit le traitement des demandes d'asile en France et a conduit à la conclusion que, avec l'obtention d'une attestation, la situation administrative de Mme C... avait changé, rendant les décisions précédentes caduques.
Ainsi, la cour a interprété que la délivrance de l'attestation d'asile a eu pour effet d'annuler les effets des décisions antérieures, rendant toute contestation contre celles-ci non pertinente. Cette approche souligne l'importance de la sécurité juridique et des effets des décisions administratives sur le statut des demandeurs d'asile.