Résumé de la décision
M. A..., ressortissant algérien, a formé un recours contre un jugement du tribunal administratif de Bordeaux qui avait rejeté sa demande d'annulation d'un arrêté préfectoral le plaçant en rétention administrative pour cinq jours. La décision était fondée sur le constat d'un défaut d'exécution d'une mesure d'éloignement prononcée le 13 juillet 2016. La cour a confirmé le jugement, estimant que l'arrêté contesté était valablement motivé et que les conditions de placement en rétention étaient réunies.
Arguments pertinents
1. Délégation de signature : M. A... a contesté la validité de la signature de l'arrêté de rétention, mais la cour a constaté que la signataire disposait d'une délégation de signature régulièrement publiée, conforme aux dispositions de l'article L. 551-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, permettant de conclure que l’administration avait agi dans le respect des règles.
2. Motivation de l'arrêté : Bien que M. A... ait invoqué un défaut de motivation, le tribunal a jugé que l'arrêté mentionnait les dispositions légales pertinentes et expliquait les raisons pour lesquelles M. A... ne présentait pas de garanties suffisantes pour une assignation à résidence. Il fut relevé que M. A... n'avait ni document de voyage valide ni ressources lui permettant de justifier son engagement à quitter le territoire.
3. Conséquences sur la santé : M. A... a fait valoir ses troubles psychiatriques, mais la cour a affirmé qu'il n'apportait pas d'éléments probants démontrant un risque manifeste pour sa santé lié à son placement en rétention, considérant que la rétention se déroulait dans un centre disposant d'un service médical.
Interprétations et citations légales
1. Délégation de signature : La cour s'appuie sur la procédure administrative pour justifier la validité de l'arrêté en mentionnant une délégation de signature, indiquant que l’autorité administrative compensait la nécessité d'une signature dûment autorisée. La cour rappelle que « la directrice de l’accueil et des services au public, signataire de l'arrêté [...] disposait d'une délégation de signature consentie par un arrêté préfectoral du 14 octobre 2016 ».
2. Conditions de placement en rétention : La décision cite l'article L. 551-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, précisant que « l'étranger soumis à une obligation de quitter le territoire français [...] peut être placé en rétention pendant cinq jours » si les conditions légales sont remplies. Il en résulte que le préfet a agi conformément à la loi « sans erreur d'appréciation » de la situation de M. A...
3. Motivation légale : Concernant la motivation de l'arrêté, la cour mentionne que le préfet a pu établir qu'en l'absence de documents en règle, M. A... était dépourvu de garanties suffisantes, se conformant ainsi à l’exigence de motivation prévue par l'article L. 551-2 du même code, lequel exige que toute décision soit « écrite et motivée ».
4. Conséquences sur la santé : Les troubles psychiatriques invoqués par M. A... n’ont pas été jugés suffisants pour remettre en question la légitimité de son placement. La cour conclut que les éléments présentés n'indiquent pas une évaluation incorrecte des conséquences de la rétention sur sa santé, soulignant qu'un service médical est disponible.
En conclusion, la décision de la cour confirme le jugement du tribunal administratif, en considérant que toutes les mesures avaient été prises selon les exigences légales, aboutissant au rejet de la requête de M. A...