Résumé de la décision
La société Altheis a contesté le rejet par l'administration des rectifications de ses déficits reportables devant le tribunal administratif de Bordeaux. L'administration a par la suite abandonné ses rectifications, entraînant un non-lieu à statuer sur la demande principale d'Altheis. Dans la décision rendue le 19 avril 2017, le tribunal a rejeté la demande d'Altheis concernant le remboursement de ses frais de procès. En appel, la cour a annulé cette décision, considérant qu'Altheis avait droit à une indemnisation au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, condamnant l'État à verser 1 500 euros à la société pour ses frais de procès.
Arguments pertinents
La SC Altheis a soutenu que l'administration doit être considérée comme perdante puisque celle-ci a renoncé aux rectifications contestées. La cour a convenu que, selon l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal peut condamner l'une des parties à indemniser l'autre, même si les conclusions principales ne sont pas statuées. La cour a précisé que “l'administration a abandonné l'intégralité des rectifications” et qu'il est dès lors “à tort” que le tribunal a rejeté la demande de la société. En conséquence, il a été décidé que la somme de 1 500 euros doit être versée au titre des frais exposés.
Interprétations et citations légales
L'article L. 761-1 du code de justice administrative stipule : "Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens." Cela signifie que la partie qui abandonne sa position, comme ici l'administration, peut être tenue de rembourser les frais engagés par la partie adverse.
La cour a interprété cet article pour établir que les dispositions n'interdisent pas à un juge administratif d'ordonner le remboursement des frais même si le jugement ne statue pas sur les conclusions principales : "Le juge peut, même d'office, pour des raisons tirées… dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation."
Cette décision illustre ainsi que la renonciation par l'administration aux litiges peut avoir des conséquences financières pour celle-ci, renforçant la protection des droits des justiciables face aux abus potentiels de l'administration.