Résumé de la décision :
La société Top Mob, ayant succédé à la SARL Ethnocom, a déposé une requête le 1er août 2017 pour contester l'article 3 d'un jugement antérieur du tribunal administratif d'Amiens qui portait sur une injonction à l'égard de la commune de Creil. Top Mob a demandé l'annulation de cet article et que la commune soit condamnée à verser 3 000 euros au titre des frais d'instance. La cour a jugé que la requête était manifestement dépourvue de fondement et a donc rejeté la demande de Top Mob, n'admettant pas non plus l'intervention de la société Alpha Immo.
Arguments pertinents :
1. Rejet de la requête : La cour a considéré que la société Top Mob, en cherchant à substituer de nouveaux motifs à ceux déjà établis par le tribunal administratif, ne faisait que contester le dispositif d'injonction sans apporter d'éléments nouveaux. La cour a souligné que « le juge administratif se borne en tout état de cause à tirer les conséquences qu'implique nécessairement sa décision rendue sur le fond du litige » et qu'il n'y a pas lieu de se prononcer à nouveau sur le litige d'excès de pouvoir dans ce cadre.
2. Droit à un permis de construire tacite : La cour a noté que si Top Mob estime détenir un permis de construire tacite, il lui incombe de le faire valoir auprès de l'administration, laissant au maire de la commune la responsabilité d’en tenir compte lors de l’exécution de l’injonction.
Interprétations et citations légales :
- Code de justice administrative - Article R. 222-1 : Cet article permet au président des cours administratives d'appel de rejeter des requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. La cour a conclu que la requête de Top Mob entre dans cette catégorie, indiquant la limitation de l’intervention du juge dans le cadre de décisions d’injonction qui impliquent déjà des considérations de droit public.
- Code de justice administrative - Article L. 911-1 et Article L. 911-2 : Ces articles stipulent que la juridiction peut prescrire des mesures d'exécution qu'elle estime nécessaires après une décision. La cour a souligné que le juge doit se limiter à tirer les conséquences de sa décision sur le fond, sans réexaminer le fond du litige dans le cadre du pouvoir d'injonction. La société Top Mob a été informée qu'en cas de créance de droit (permis de construire), la procédure à suivre est à l'initiative de l'administration concernée.
En conclusion, la décision de la cour administrative d'appel repose sur une interprétation stricte des pouvoirs du juge dans le cadre des injonctions, soulignant la nécessité pour les requérants de respecter la procédure administrative pour faire valoir leurs droits, notamment en matière de permis de construire.