Résumé de la décision :
La cour administrative d'appel a été saisie par la commune d'Arras, qui conteste un jugement du tribunal administratif de Lille annulant un permis de construire délivré à M. C... et Mme H.... Le tribunal avait fondé sa décision sur la méconnaissance des dispositions de l'article UC7 du règlement du plan local d'urbanisme, en raison de la hauteur excessive du bâtiment projeté par rapport à la limite séparative. La cour rejette la requête de la commune d'Arras, confirmant ainsi l'annulation du permis de construire. De plus, elle condamne la commune à verser 1 500 euros à M. G... au titre des frais de procédure.
Arguments pertinents :
1. Méconnaissance des dispositions d'urbanisme : La cour souligne que le tribunal administratif a correctement appliqué l'article UC7 du règlement du plan local d'urbanisme, qui limite la hauteur des constructions en limite séparative. La décision indiquait que « la construction projetée s'élève à 9,45 mètres de hauteur, soit une hauteur supérieure à la hauteur maximale de 4,5 mètres visée à l'article UC7 ».
2. Calcul de la bande de 20 mètres : La cour a précisé que la bande de 20 mètres pour le calcul de l’implantation d’une construction doit être déterminée par rapport à la rue de Cambrai, et non selon les limites arbitraires, car aucun recul n’a été imposé. Elle observe que « les limites séparatives latérales figurent ainsi à l'est et à l'ouest du terrain d'assiette ».
3. Non-retenue de la violation de l'article UC6 : La cour insiste sur le fait que, même si le projet respecte l'article UC6, cela n'impacte pas la légalité de la décision en raison de la violation déjà avérée de l'article UC7.
Interprétations et citations légales :
1. Interprétation de l'article UC7 : Cet article stipule explicitement que les constructions ne peuvent dépasser 4,5 mètres de hauteur en limite séparative, sauf dans la bande des 20 mètres. La cour fonctionne donc sur le principe que les règles d'urbanisme doivent être strictement respectées pour garantir la cohérence et la légalité des autorisations de construire :
> « Dans tous les cas, les constructions et installations en limite séparative sont autorisées dans une bande de 20 mètres de profondeur (...) soit au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points (H/2) sans pouvoir être inférieure à 3 mètres (...) » (Code de l'urbanisme - Article UC7).
2. Évaluation du non-respect des règlements : La cour a par ailleurs considéré que le non-respect des règlements d’urbanisme doit être sanctionné pour préserver l’intégrité des zones urbaines. Cela est exprimé dans le fait que la commune n'a pas réussi à justifier que le projet respectait les critères d’implantation :
> « La commune d'Arras n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que le tribunal a retenu le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UC7 du règlement du plan local d'urbanisme ».
3. Frais de justice : En ce qui concerne les frais de justice, l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative est mise en avant pour justifier que M. G..., en tant que partie gagnante, doit être indemnisé par la commune :
> « Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. G... la somme que la commune d'Arras demande au titre des frais de procédure exposés ».
Cela souligne l’importance des principes de justice administrative où la partie perdante est responsable des frais engagés par la partie gagnante.