Résumé de la décision
Dans cette affaire, Mme B... conteste un jugement du tribunal administratif d'Amiens qui avait rejeté sa demande d'annulation d'un arrêté préfectoral du 4 avril 2015 lui refusant un titre de séjour en tant que parent d'un enfant français. L'arrêté impose également une obligation de quitter le territoire français. La cour administrative d'appel a confirmé ce jugement, considérant que la requérante ne remplissait pas les conditions nécessaires pour obtenir le titre de séjour demandé et que l'obligation de quitter le territoire ne portait pas atteinte de manière disproportionnée à sa vie privée et familiale.
Arguments pertinents
1. Conditions de résidence : La cour a souligné que pour qu'un étranger puisse obtenir un titre de séjour en tant que parent d'un enfant français, il est nécessaire que l'enfant réside effectivement en France. Mme B... n'a pas pu prouver que sa présence en France avec son enfant était stable et durable au moment de la décision, n'apportant qu'une preuve insuffisante pour établir cette résidence.
> "il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, au vu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et des justifications produites, où se situe la résidence de l'enfant."
2. Proportionnalité de la mesure d'éloignement : La cour a reconnu que la mesure d'éloignement n'avait pas porté atteinte de manière disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de Mme B..., considérant la brièveté de ses liens avec la France au moment où la mesure a été décidée.
> "la mesure d'éloignement n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise."
3. Exigences des droits de l'enfant : La cour a également fait mention des stipulations de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant, indiquant que la décision d’éloignement n’avait pas méconnu les droits de l’enfant à la date de la décision, tout en indiquant qu’il pourrait y avoir lieu de réexaminer cette question lors de l’exécution de la mesure.
> "cette mesure n'a pas davantage, à la date à laquelle elle est intervenue, méconnu les stipulations du 1 du 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant."
Interprétations et citations légales
1. Conditions d’obtention de la carte de séjour :
La législation française, à travers le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, impose des conditions précises pour la délivrance d'un titre de séjour. La condition stipulée au 6° de l'article L. 313-11 est claire :
> "Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention `vie privée et familiale` est délivrée de plein droit à l'étranger... qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France..."
2. Droit au respect de la vie privée et familiale :
Le Conseil constitutionnel et la jurisprudence européenne mettent en avant la protection de la vie privée comme un droit fondamental, mais cela doit être mis en balance avec la légitimité des objectifs d'ordre public de l'État. Ceci est renforcé par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme :
> "Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance."
3. Droits de l'enfant :
La Convention internationale relative aux droits de l'enfant, à l'article 3, souligne l'intérêt supérieur de l'enfant dans toute action le concernant, mais la cour a interprété que les droits ne sont pas absolus et doivent tenir compte du contexte et de la situation familiale.
> "Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale."
En résumé, la décision de la cour s'appuie sur une interprétation des conditions de résidence et du respect des droits fondamentaux, tout en tenant compte du cadre légal établi pour la régularisation du séjour des étrangers en France.