Résumé de la décision
M. D... B..., ressortissant algérien, a contesté la décision du préfet de l'Oise qui a retiré sa carte de résident "retraité". Après avoir été titulaire d'une carte de résident en France et ayant sollicité un certificat de résidence en vertu de l'accord franco-algérien, la préfecture a estimé qu'il n'avait pas justifié d'une résidence légale de dix ans, condition sine qua non pour bénéficier de ce certificat. Le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande, confirmation qui a été ensuite contestée devant la cour. La cour a confirmé la décision du tribunal en considérant que M. B... ne remplissait pas les conditions requises par l'article 7 ter de l'accord franco-algérien.
Arguments pertinents
1. Absence de certificat de résidence décennal : La cour a jugé que M. B... n'avait pas prouvé qu'il avait été titulaire d'un certificat de résidence valide pour dix ans. Selon l'article 7 ter de l'accord franco-algérien, le certificat de résidence retraite n'est octroyé qu'aux ressortissants algériens ayant un certificat de résidence valable dix ans.
2. Inapplicabilité de sa situation : La cour a précisé que, bien qu'il ait séjourné en France, M. B... n'a pas été en possession d'un certificat de résidence répondant aux exigences réglementaires exigées après la révision de l'accord en 1985. La cour a conclu : « M. B... n'établit pas avoir résidé en France sous couvert d'un certificat de résidence valable dix ans ».
3. Rejet de l'erreur de droit : La cour a écarté l'argument selon lequel la préfecture avait commis une erreur de droit, en notant que la disposition stipule clairement que le certificat est réservé à ceux ayant un statut de résident valide de 10 ans.
Interprétations et citations légales
- Interprétation de l'accord franco-algérien : L'article 7 ter de l'accord franco-algérien stipule que : « Le ressortissant algérien [...] bénéficie, à sa demande, d'un certificat de résidence valable dix ans portant la mention "retraité" [...] » Cela souligne l'exigence formelle d'un certificat de résidence d'une durée de dix ans pour aspirer à un certificat "retraité".
- Limitations temporelles des certificats de résidence : Selon l'article 7 de l'accord franco-algérien (version initiale), il est mentionné que le certificat de résidence est valable pour une durée spécifique, notamment « [...] d) Dix ans pour ceux qui, à cette date, justifient, par tout moyen de preuve, d'un séjour de plus de trois ans à la date de l'entrée en vigueur du présent accord ». La cour a interprété que M. B..., n'ayant pas la preuve d'une résidence de dix ans, ne remplissait pas cette condition.
- Conclusion sur la légalité de la décision : La décision du tribunal a été validée par la cour: « Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit dans l'application des stipulations de l'article 7 de l'accord franco-algérien doit être écarté. » Cela marque le rejet définitif de la requête de M. B... contre la délibération préfectorale.
Cette décision souligne donc l'importance de disposer des documents requis pour bénéficier des dispositions d'un accord international, même en cas de séjour prolongé en France.