Résumé de la décision
M. A... a introduit une requête auprès du tribunal administratif de Rouen afin de contester une décision implicite de rejet du ministre de l'intérieur, suite à sa demande d'octroi d'un avantage spécifique d'ancienneté lié à son affectation à la circonscription de sécurité publique de Rouen-Elbeuf. Cette requête a été rejetée par le tribunal pour tardiveté dans une ordonnance datant du 26 août 2016. Après examen, la cour a annulé cette ordonnance, considérant que la date mentionnée par M. A... sur sa demande ne correspondait pas à la date de réception par l'administration. Cependant, la cour a ensuite conclu que M. A... n'était pas en mesure de prouver la date de dépôt de sa demande, rendant sa requête irrecevable et confirmant ainsi le rejet de ses demandes.
Arguments pertinents
1. Tardiveté de la requête : La cour a estimé qu’il était erroné de considérer que la date du document produit correspondait à celle de la réception par l'administration. M. A... a fui à bon droit la décision du premier juge. La cour mentionne qu’« il résulte des mentions portées sur le courrier du requérant » qu’il n’est pas responsable de la tardiveté.
2. Preuve du dépôt de la demande: Malgré l'annulation de l'ordonnance pour tardiveté, la cour a souligné que M. A... ne pouvait pas prouver la date de remise de sa demande, en citant sa propre inaction pour obtenir un accusé de réception. Elle a noté que « le ministre de l'intérieur est fondé à soutenir que, faute pour M. A... de justifier de la date du dépôt d'une demande auprès de l'administration, sa demande dirigée contre une décision implicite... est irrecevable. »
3. Demandes d’injonction : Les demandes d’injonction et de mise à la charge de l'État pour des frais, étant fondées sur un motif rejeté, ont également été considérées comme irrecevables. La décision stipule que « par voie de conséquence, [ces demandes doivent] être également rejetées. »
Interprétations et citations légales
1. Recevabilité de la demande : Le tribunal a mis en exergue l’importance de prouver la date de dépôt d’une demande. Selon les normes de la procédure administrative, comme énoncé dans le Code de justice administrative, tout requérant doit être en mesure de justifier du dépôt de sa demande pour que celle-ci soit recevable. Le tribunal rappelle que la circulaire du directeur départemental de la sécurité publique, qui stipule qu’aucun accusé de réception ne serait délivré, ne dispense pas M. A... de justifier son dépôt.
2. Droit à l’avantage spécifique d’ancienneté : La cour fait référence à la loi n° 91-715 du 26 juillet 1991. Cet article précise les conditions d'obtention de l’avantage d'ancienneté, mais la délivrance de cet avantage est conditionnée à la preuve de la demande initiale. L'absence de preuve de dépôt empêche ainsi toute reconnaissance de droit.
3. Non-retroactivité : M. A... a également fait valoir un argument de non-rétroactivité au sujet de l'arrêté du 3 décembre 2015, mais celui-ci n’a pas été retenu pour la recevabilité de la demande initiale, le tribunal s’attachant principalement à la question de la preuve de la date de demande.
En conclusion, la décision met en lumière la nécessité d’établir rigoureusement la date de dépôt des demandes administratives pour garantir leur recevabilité, tout en rappelant les principes de motivation et de droit applicables dans l’octroi des avantages spécifiques au sein des institutions publiques.