Résumé de la décision
La décision concerne une requête présentée par M. A... auprès de la cour administrative d'appel, visant à annuler une ordonnance du tribunal administratif de Rouen qui avait rejeté sa demande d'octroi d'un avantage spécifique d'ancienneté en raison de son affectation dans la circonscription de la sécurité publique de Rouen-Elbeuf. La cour a annulé l'ordonnance du 2 septembre 2016, considérant que le premier juge avait à tort opposé une tardiveté à la requête en raison d'une confusion sur la date de réception de la demande. Cependant, la cour a ensuite jugé que la demande de M. A... était irrecevable en raison de l'absence de preuve de la date de dépôt de sa demande. Par conséquent, la requête de M. A... a été rejetée.
Arguments pertinents
1. Tardiveté de la demande : La cour a estimé que le président du tribunal avait mal interprété la date de réception de la demande, se basant sur une date fournie par M. A..., qui ne correspondait pas à la date de réception par l'administration. La cour note : "le président de la 2ème chambre du tribunal administratif de Rouen a considéré que cette date correspondait à la date de réception par l'administration".
2. Irrecevabilité de la demande : Malgré l'annulation de l'ordonnance pour tardiveté, la cour a conclu que M. A... n'avait pas pu prouver qu'il avait réellement déposé sa demande auprès de l'administration. Ainsi, la décision implicite de rejet, selon le ministre, était justifiable. Selon la cour, "faute pour M. A... de justifier de la date du dépôt d'une demande auprès de l'administration, sa demande dirigée contre une décision implicite, dont l'existence n'est pas prouvée, est irrecevable".
3. Une circulaire interne insuffisante : M. A... avait invoqué une circulaire stipulant qu'aucun accusé de réception ne serait délivré en raison de la surcharge de demandes. Cependant, la cour a estimé que cela n'excusait pas M. A... de ne pas fournir une preuve de dépôt, notant que "cette circulaire ne faisait pas obstacle à ce que M.A... se constitue une preuve du dépôt de sa demande".
Interprétations et citations légales
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Interprétations des textes de loi
- Droit à un recours administratif : La décision repose sur le principe du droit de recours devant l'administration, stipulé dans la loi n° 91-715 du 26 juillet 1991, qui établit les droits des fonctionnaires, dont l'octroi d'un avantage spécifique d'ancienneté.
- Principe de preuve en droit administratif : La décision met en lumière l'importance de la charge de la preuve dans les litiges administratifs. M. A... devait démontrer la date à laquelle sa demande avait été déposée pour éviter une irrecevabilité. Le fait de ne pas avoir produit de preuve tangible a conduit au rejet de sa requête, illustrant ainsi le principe selon lequel "la preuve incombe au demandeur, en l'occurrence M. A...".
- Circulaire interne et obligation de preuve : La circulaire de la sécurité publique, mentionnée par M. A..., ne peut être interprétée comme justifiant l'absence d'accusé de réception, car il est de la responsabilité du demandeur d'établir la preuve de son dépôt conformément aux règles administratives en vigueur.
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Citations pertinentes :
- Article 11 de la loi n° 91-715 du 26 juillet 1991 : Bien que non cité textuellement dans l'extrait, il est essentiel de mentionner que les droits relatifs aux avantages spécifiques pour les fonctionnaires sont encadrés par cet article.
- Code de justice administrative - Article L. 211-1 : Ce dernier traite des modalités de recours et pourrait être pertinent dans l’analyse de la recevabilité et de la procédure de contestation des décisions administratives.
En conclusion, la décision de la cour administrative d'appel illustre l'importance cruciale de la charge de la preuve et la nécessité pour les demandeurs d'apporter des éléments tangibles pour soutenir leurs revendications dans le cadre de recours administratifs.