Résumé de la décision
L'EURL Sarady, qui avait été assujettie à des cotisations d'impôt sur les sociétés et à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée suite à une vérification de comptabilité, conteste un jugement du tribunal administratif de Grenoble qui avait rejeté sa demande de décharge de ces impositions et d'une amende. En première instance, elle soutenait ne pas avoir reçu la proposition de rectification de l'administration fiscale. La cour a confirmé le jugement, arguant que l'administration avait dûment notifié l'EURL et que, par conséquent, la requête de l'EURL Sarady était rejetée.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de la requête : Le ministre de l'action et des comptes publics a fait valoir que la requête était irrecevable, l'EURL Sarady ayant été radiée du registre du commerce et des sociétés, ce qui signifie qu'elle n'avait plus d'existence légale au moment de la procédure.
2. Notification régulière : La cour a constaté que l'EURL Sarady avait été informée correctement de la proposition de rectification. Le pli contenant la proposition avait été envoyé à l'adresse personnelle du gérant, et bien que le pli n'ait pas été retiré par ce dernier, cela n'invalide pas la notification.
> "Il incombe à l'administration fiscale d'établir qu'une telle notification lui a été régulièrement adressée..."
3. Absence d'oppositions fondées : L'EURL Sarady ne pouvait pas contester la notification sur la base du fait que l'administration n'avait pas mentionné le nom de l'EURL sur l'enveloppe. La cour a jugé que cela n'empêchait pas la notification d'être considérée comme valide.
> "La seule circonstance que l'administration ait libellé le courrier au nom de M. E... sans mentionner le nom de l'EURL Sarady ne fait pas obstacle à ce que cette dernière puisse être regardée comme ayant été régulièrement avisée."
Interprétations et citations légales
1. Article L. 57 du livre des procédures fiscales : Cet article stipule que l'administration doit envoyer au contribuable une proposition de rectification, dûment motivée, afin qu'il puisse faire valoir ses observations.
> "L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation."
2. Preuve de la notification : La décision confirme que la charge de la preuve quant à la notification incombe à l'administration fiscale. La notification peut être prouvée par des documents et attestations, et non seulement par l'absence de réception par le contribuable :
> "La preuve qui lui incombe ainsi peut résulter soit des mentions précises, claires et concordantes figurant sur les documents...soit d'une attestation de l'administration postale..."
Cette décision met en avant l'importance des notifications adéquates pendant la procédure fiscale et la nécessité pour le contribuable de maintenir ses informations à jour, surtout en ce qui concerne l'adresse de notification. Elle rappelle aussi que la non-réception d’un document pour des raisons indépendantes de l'administration n'invalide pas une procédure qui, par ailleurs, a été suivie conformément aux règles établies.