Résumé de la décision
La garde des sceaux, ministre de la justice, a interjeté appel du jugement du 7 juin 2019 du tribunal administratif de Dijon, qui avait annulé le courrier du directeur du centre de détention de Joux-la-Ville répondant à une mise en demeure de M. A... concernant le respect des règlements sur l'enfermement nocturne. La cour a annulé le jugement du tribunal administratif, considérant que la mise en demeure était sans objet et que la demande de M. A... était irrecevable. Ainsi, l'arrêt a statué que l'organisation des horaires d'enfermement ne violait pas les dispositions légales.
Arguments pertinents
1. Distinction des régimes juridiques : La cour a affirmé que l'encellulement de jour et l'enfermement nocturne sont régis par des régimes juridiques distincts, et que la fermeture des portes à 18 h 15 ne peut pas être considérée comme le début de l'enfermement nocturne.
> "l'encellulement de jour et l'enfermement nocturne font l'objet de deux régimes juridiques distincts..."
2. Irrecevabilité de la demande : Elle a estimé que le tribunal administratif s'était mépris sur la portée du courrier contesté ainsi que sur la légalité de la mise en demeure de M. A..., qui était sans objet, entraînant l'irrecevabilité de sa demande.
> "la mise en demeure que M. A... avait adressée à cette autorité de respecter la durée de l'enfermement nocturne [...] était sans objet."
3. Conformité avec la réglementation pénitentiaire : L'argument selon lequel le règlement intérieur du centre de détention respectait les normes établies par le code de procédure pénale a également été mis en avant, affirmant que la durée d'enfermement nocturne n'excède pas douze heures.
> "la période d'enfermement de nuit débute donc à 19 h et n'outrepasse pas douze heures."
Interprétations et citations légales
1. Article R. 57-6-18 du code de procédure pénale : Cet article définit les règles d'enfermement pour les personnes détenues. En particulier, il stipule que la durée d'enfermement nocturne ne doit pas excéder douze heures, ce qui justifie la décision de la cour.
> "la durée pendant laquelle la personne détenue est enfermée en cellule la nuit ne peut excéder douze heures."
2. Règlement intérieur du centre de détention : La cour a aussi fait référence à la mise à jour du règlement intérieur, qui prévoit que, pour les détenus en régime porte ouverte, l'enfermement commence à 19 h, ce qui est en conformité avec l'article du code de procédure pénale.
> "Le règlement intérieur de l'établissement ne méconnaît donc pas l'article R. 57-6-18 du code de procédure pénale."
3. Nature de la mise en demeure : La cour a défini que la mise en demeure envoyée par M. A... ne pouvait pas aboutir à une prescription valide visant à changer l'organisation réglementaire, car elle ne relève pas d'une violation des droits des détenus en matière d'enfermement.
Ainsi, la décision prise par la cour repose sur une lecture stricte des règles juridiques régissant l'enfermement des détenus, tout en tenant compte des mesures de réinsertion prévues par le système pénitentiaire.