Résumé de la décision
Dans cette affaire, la garde des sceaux, ministre de la justice, a interjeté appel d'un jugement du tribunal administratif de Dijon qui avait annulé un courrier du directeur du centre de détention de Joux-la-Ville, enjoignant à celui-ci de respecter les dispositions relatives à l'enfermement nocturne des détenus, qui ne devrait pas excéder douze heures. La cour a annulé le jugement du tribunal administratif, considérant que le règlement intérieur du centre ne méconnaissait pas les dispositions du code de procédure pénale. Elle a également rejeté la demande de M. E... comme étant irrecevable, en raison du fait que sa mise en demeure était sans objet. Ainsi, le tribunal a conclu que l'Etat n'était pas la partie perdante et a refusé d'accorder les frais juridiques demandés par M. E...
Arguments pertinents
1. Distinction des régimes juridiques : La cour a affirmé que "l'encellulement de jour et l'enfermement nocturne font l'objet de deux régimes juridiques distincts", soulignant que la fermeture des portes à 18 h 15 n'était pas synonyme de début d'enfermement nocturne (Considérant 1).
2. Irrecevabilité de la demande : La cour a déterminé que "la mise en demeure que M. E... avait adressée à cette autorité de respecter la durée de l'enfermement nocturne prévue par l'article 4 du règlement intérieur type était sans objet", ce qui a entraîné l'irrecevabilité de la demande, validant ainsi les pratiques en vigueur au centre de détention (Considérant 3).
3. Respect des textes légaux : Le tribunal a conclu que "le règlement intérieur de l'établissement ne méconnaît donc pas l'article R. 57-6-18 du code de procédure pénale", confirmant que les horaires d'enfermement ne dépassaient pas les limites réglementaires (Considérant 3).
Interprétations et citations légales
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Article R. 57-6-18 du Code de procédure pénale
Cet article précise des règles sur l'enfermement nocturne des détenus, établissant qu'« [...] la durée pendant laquelle la personne détenue est enfermée en cellule la nuit ne peut excéder douze heures ». Le règlement intérieur type précise également que « la personne détenue est enfermée dans sa cellule pendant la nuit. [...] Des aménagements [...] peuvent être apportés pour accompagner par une plus grande autonomie les efforts de celle-ci en matière de réinsertion sociale. ».
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Application de la loi
La cour a ressorti que le fonctionnement particulier du centre de détention de Joux-la-Ville, avec des heures d’ouverture des cellules clairement définies et un respect rigoureux des durées d’enfermement nocturne, était conforme à la législation en vigueur. Les conclusions de la cour mettent en avant que la gestion du temps d’enfermement ne violent pas les droits des détenus tels que définis par le Code de procédure pénale, précisant que les règlements internes sont également adaptés aux réalités opérationnelles du centre (Considérant 3).
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Conclusion légale
La décision s'appuie sur l'interprétation des textes pour justifier la légalité du fonctionnement du centre pénitentiaire, tout en rappelant que le cadre juridique impose des limites que l'administration doit respecter. En conséquence, la cour conclut que la demande de M. E... était infondée et a statué en faveur de la garde des sceaux.