Résumé de la décision
La SCI LB a formé un recours contre un jugement du tribunal administratif de Lyon qui avait rejeté sa demande de décharge d’une cotisation supplémentaire d’impôt sur les sociétés pour l’exercice clos en 2011, liée à un abandon de créance consenti à sa filiale SARL CGH. La cour a confirmé cette décision, estimant que cet abandon de créance constituait un acte anormal de gestion puisque la SCI n'a pas démontré d'intérêt pour elle-même dans cette opération. La cour a également rejeté la demande d'indemnisation au titre des frais de justice.
Arguments pertinents
1. Acte anormal de gestion : La cour a déclaré que l'abandon de créances d'un montant de 218 999,82 euros consenti par la SCI LB à la SARL CGH, sans justificatif de relations capitalistiques ou commerciales réciproques, était un acte anormal de gestion. Cela signifie que, selon le Code général des impôts, les abandons de créances doivent être justifiés par un intérêt économique pour l'entreprise qui les consent.
Citation pertinente :
> "Il appartient à l'administration d'apporter la preuve des faits sur lesquels elle se fonde pour estimer qu'un abandon de créances [...] constitue un acte anormal de gestion, elle est réputée apporter cette preuve dès lors que cette entreprise n'est pas en mesure de justifier qu'elle a bénéficié en retour de contreparties."
2. Justification insuffisante : La SCI LB n’a pas pu établir que son abandon de créance avait généré des contreparties significatives pour elle-même, au-delà de la simple clause de retour à meilleure fortune qui, par elle-même, ne suffit pas à justifier l'intérêt de l'opération.
Citation pertinente :
> "La SCI LB ne démontre pas l'intérêt qu'elle avait de consentir un tel abandon de créance, ni ne justifie avoir bénéficié pour elle-même de contreparties financières ou économiques."
3. Interprétation de la loi fiscale : La cour a également précisé que la SCI ne pouvait pas se prévaloir des interprétations administratives des articles de loi, qui n'ajoutent pas aux dispositions légales existantes :
Citation pertinente :
> "La SCI LB ne saurait utilement se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des énonciations des documentations administratives de base [...] qui n'ajoutent pas à la loi fiscale."
Interprétations et citations légales
1. Article 38 et 209 du Code général des impôts : Ces articles définissent le bénéfice imposable et précisent que les opérations qui ne relèvent pas d'une gestion normale ne sont pas déductibles.
- Code général des impôts - Article 38
- Code général des impôts - Article 209
Ces articles impliquent que les abandons de créances doivent être justifiés par un intérêt pour l'entreprise concernée, et que l'administration fiscale a la charge de prouver le caractère anormal si l'entreprise ne peut justifier d'un retour bénéficiaire.
2. Article L. 80 A du livre des procédures fiscales : Cet article permet aux contribuables de se référer à des instructions administratives pour interpréter les lois fiscales, cependant, la cour a rappelé que ces instructions ne peuvent pas contredire ou ajouter à la loi elle-même.
En somme, la décision de la cour s'appuie sur l’impossibilité pour la SCI LB de démontrer un intérêt légitime ou des bénéfices réciproques dans le cadre de l'abandon de créance consenti, inscrivant cette opération dans le cadre des actes anormaux de gestion, et le rejet des instructions administratives comme justification.