Résumé de la décision
M. A... B..., de nationalité irakienne, a formé un recours devant la Cour administrative d'appel après le rejet par le tribunal administratif de Marseille de sa demande d'annulation d'un arrêté préfectoral du 10 juin 2021, lui refusant un titre de séjour avec obligation de quitter le territoire français. L’appelant invoquait la nécessité d'un suivi médical pour sa sœur, qui a des besoins de santé spécifiques, et le respect de sa vie familiale selon l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. La Cour a rejeté la requête en considérant que les arguments présentés manquaient de fondement.
Arguments pertinents
1. Sur l'état de santé de la sœur : M. A... B... soutenait que l'état de santé de sa sœur, né prématurément, nécessitait un suivi médical en France. La Cour a estimé que le certificat médical produit était insuffisant pour prouver que des conséquences graves découleraient d'une absence de traitement en Irak. En conséquence, cet argument a été écarté :
> "Mais, ce certificat est dépourvu de toute précision suffisante et [...] l'absence de prise en charge médicale pourrait avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité."
2. Dimension de la vie familiale : La Cour a relevé que M. A... B... est en France avec sa famille, mais que l'arrêté préfectoral ne remettait pas en cause la possibilité de revitaliser cette cellule familiale en Irak :
> "L'arrêté litigieux ne fait pas obstacle à ce qu'il poursuive sa scolarité en Irak, n'implique aucune séparation des membres de la famille."
3. Conclusion sur les droits de l’homme : La Cour a conclu qu'il n'y avait pas eu de violation des droits de M. A... B... au titre de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, ni d'erreur manifeste d’appréciation par le préfet :
> "Le préfet des Bouches-du-Rhône n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales."
Interprétations et citations légales
1. Article R. 222-1 du Code de justice administrative : Ce texte permet à un Vice-Président de rejeter une requête manifestement dépourvue de fondement. La décision de la Cour fait explicitement référence :
> "Les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement [...] doivent être rejetées."
2. Convention européenne des droits de l'homme - Article 8 : Ce texte protège le droit au respect de la vie privée et familiale. L’analyse de la Cour montre que cet article ne garantit pas une immunité à l’expulsion dans tous les cas, notamment lorsque des alternatives sont possibles :
> "Il ne ressort pas du dossier que [...] la cellule familiale se reconstitue hors de France."
3. Convention internationale des droits de l'enfant : Bien que non directement citées dans les motivations, les obligations de cette convention pourraient renforcer l’argumentation en matière de respect des droits de l’enfant. Cependant, la Cour ne considère pas que cela a une incidence sur la décision finale au regard des circonstances spécifiques du cas.
En résumé, la décision démontre une application prudente du droit, notamment en équilibrant le respect des droits individuels et des impératifs de la législation sur l’immigration.