Résumé de la décision
La Cour Administrative d'Appel de Marseille a examiné la requête de M. B... A..., infirmier à l'Assistance publique - Hôpitaux de Marseille (AP-HM), qui contestait un jugement du tribunal administratif et un avertissement disciplinaire infligé par le directeur de l'AP-HM en mars 2018. M. A... soutenait qu'il avait refusé de pratiquer un électrocardiogramme parce que celui-ci n'avait pas été prescrit par un médecin. La Cour a confirmé le jugement de première instance, considérant que le refus de M. A... était fautif et justifiait la sanction disciplinaire.
Arguments pertinents
1. Légalité des faits reprochés : Le tribunal a rejeté les conclusions de M. A..., estimant que son refus de pratiquer l'électrocardiogramme sur une patiente était suffisant pour justifier l'avertissement.
- La décision fondée sur des déclarations concordantes établies par la cadre de santé et l'interne en neurochirurgie a été jugée légale. Il a été souligné que « le directeur de l'AP-HM a pu légalement, au vu des informations concordantes portées à sa connaissance, estimer que les faits reprochés à M. A... étaient suffisamment établis et qu'ils présentaient un caractère fautif. »
2. Absence de prescription médicale : M. A... a soutenu que l'absence de prescription médicale l'autorisait à refuser l'examen. La Cour a cependant considéré que l'interne avait demandé l'examen, renforçant ainsi la légitimité de la sanction.
3. Droit à une défense : Le magistrat a constaté que M. A... avait été entendu, mais a maintenu que les preuves des fautes étaient suffisantes pour justifier l'avertissement.
Interprétations et citations légales
L'analyse des décisions s’appuie sur plusieurs textes juridiques :
- Code de justice administrative - Article R. 222-1 : Cet article précise que les présidents des cours administratives peuvent rejeter les requêtes manifestement dépourvues de fondement. Cela a été appliqué pour déclarer la requête de M. A... sans fondement évident.
- Loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 et Loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 : Ces lois organisent les droits et obligations des agents publics et leur sanction disciplinaire. La sanction d'avertissement doit être justifiée par un comportement fautif, ce qui a été confirmé par la preuve fournie. La Cour a noté que certains griefs n'étaient pas établis, mais que le refus d'effectuer un examen demandé par un interne constituait une faute suffisante pour la sanction.
Conclusion
La décision de la Cour affirme que le refus de M. A... d'exécuter sa fonction, en l’occurrence pratiquer un électrocardiogramme sans prescription médicale, ne justifiait pas son avertissement, lorsque le contexte des demandes et les déclarations fournies par le personnel médical étaient prises en compte. Cette affaire illustre l'application des principes de responsabilité et de sanction professionnelle dans le cadre des obligations des agents publics.