Résumé de la décision
M. A..., de nationalité guinéenne, a formé appel d'une ordonnance du tribunal administratif de Marseille qui avait donné acte de son désistement d'une demande visant à annuler un arrêté préfectoral le contraignant à quitter le territoire français. La cour a rejeté sa requête, considérant qu'il n'avait pas produit dans le délai imparti les éléments requis pour soutenir sa demande.
Arguments pertinents
1. Nature de la requête : La cour a souligné que la demande initiale de M. A... se limitait à une "requête sommaire" contenant des moyens stéréotypés et sans précision suffisante. Cela a justifié l'exigence d'un mémoire complémentaire.
2. Application de l'article R. 776-12 : La présidente du tribunal administratif a constaté que, en vertu de l'article R. 776-12 du code de justice administrative, le non-respect du délai de présentation du mémoire complémentaire entraînait le désistement de la demande. Cela a été reconnu par l'avocat de M. A..., qui s'était engagé à produire ces éléments.
3. Droit à un recours effectif : Le jugement de la cour rappelle que l’application stricte des règles de procédure, même à l’égard d’une personne ne maîtrisant pas totalement les exigences administratives, ne constitue pas une violation de son droit à un recours effectif, ni une rupture d'égalité entre justiciables.
Interprétations et citations légales
L'ordonnance s'appuie sur plusieurs dispositions du droit administratif :
1. Non-respect des délais : L’article R. 776-12 du code de justice administrative stipule que « (...) les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement (...) peuvent être rejetées par ordonnance ». C'est sur ce fondement que la cour a statué en considérant que la demande de M. A... était manifestement dépourvue de fondement du fait de l'absence de justificatifs dans le délai imparti.
2. Droit au recours effectif : L'ordonnance rappelle que « la présidente de la 9ème chambre du tribunal administratif de Marseille a retenu que (...) la demande de M. A..., décrite au point précédent, entrait dans les prévisions des dispositions de l'article R. 776-12 », sans que cela porte atteinte à son droit à un recours effectif. Cet aspect renvoie à l'importance de respecter les procédures, qui assurent l'égalité et la régularité du droit d'ester en justice.
3. Règles de procédure : La décision souligne que « l’ordonnance (...) se bornant à faire application d’une règle de procédure contentieuse que son conseil ne peut prétendre avoir ignorée », met en exergue l'importance de la connaissance et du respect des règles administratives par les avocats et leurs clients pour garantir l'issue favorable des recours.
En concluant, la décision souligne que M. A..., en raison du caractère incomplète et stéréotypée de sa demande, ne satisfait pas à l’exigence de précision requise pour l’admissibilité de sa requête en annulation.