Résumé de la décision
La société Electricité de France (EDF) a déposé une requête le 7 août 2015 pour annuler une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Montpellier datée du 29 juillet 2015. Cette ordonnance avait ordonné une expertise médicale à la demande de Mme B... pour déterminer si des pathologies qu’elle présente peuvent être liées à son voisinage avec des installations électriques. EDF a soutenu qu’elle devait être mise hors de cause, n’étant ni propriétaire ni exploitante des installations en question. La Cour, après examen des faits, a rejeté la requête d'EDF et décidé que celle-ci devait rester partie à l’expertise, considérant que les risques pour la santé liés à l’exposition aux champs électromagnétiques justifiaient l’expertise demandée.
Arguments pertinents
1. Compétence des parties à l'expertise : La Cour a confirmé que des parties peuvent être appelées à une expertise si elles ne sont pas manifestement étrangères au litige. Bien qu'EDF ne soit pas propriétaire ni exploitante des infrastructures en cause, elle ne pouvait être considérée comme totalement étrangère au litige qui pourrait en découler. La Cour a ainsi jugé que "la société Electricité de France, alors même qu'elle ne serait ni propriétaire ni exploitante des installations en cause, ne peut être regardée comme manifestement étrangère à un tel litige."
2. Utilité de la mesure d'expertise : La Cour a souligné l’éventualité des risques pour la santé associés à l’exposition aux champs électromagnétiques, considérant que la mesure d’expertise était utile au regard des preuves de corrélations statistiques significatives entre l’exposition et certaines pathologies. Cela appuie la décision du juge des référés d'ordonner une expertise.
Interprétations et citations légales
1. Code de justice administrative - Article R. 532-1 : Cet article permet au juge des référés de prescrire des mesures d’expertise ou d’instruction même sans décision administrative préalable. La Cour a interprété cet article comme un moyen de garantir que les questions de santé publique et de responsabilité puissent être examinées.
2. Rejet des conclusions au titre de l'aide juridictionnelle : Concernant les demandes de Mme B... pour le paiement de frais, la Cour a décidé de ne pas y faire droit en raison des circonstances de l’affaire, mais a respecté le droit prévu par la loi.
Ces éléments démontrent qu'une personne exposée à des risques potentiels, comme dans le cas de Mme B..., peut légitimement demander une expertise, et que celle-ci peut inclure d'autres parties mêmes si elles ne sont pas directement responsables des installations en question.