Résumé de la décision
Mme B..., de nationalité tunisienne, a contesté une décision du préfet des Alpes-Maritimes qui refusait de lui délivrer un titre de séjour, lui imposait une obligation de quitter le territoire français et fixait son pays de renvoi. Le tribunal administratif de Nice a rejeté sa demande le 26 juin 2015. En appel, la Cour a confirmé cette décision, estimant que Mme B... ne remplissait pas les conditions requises pour obtenir le titre de séjour au regard des dispositions légales pertinentes.
Arguments pertinents
La décision de la Cour repose sur plusieurs points clés :
1. Absence d'éléments nouveaux : Mme B...soumet en appel les mêmes arguments que ceux présentés en première instance, sans apporter de nouvelles preuves ou éléments pour justifier sa demande. La Cour note : "la requérante... se borne à reprendre en appel... ses moyens de première instance".
2. Non-respect des critères légaux : La Cour déclare que le préfet a correctement appliqué les dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, car Mme B... "ne peut dès lors être regardée comme ayant durablement et de façon stable fixé le centre de ses intérêts privés et personnels en France".
3. Considérations humanitaires : Concernant l'article L. 313-14, la Cour estime que la séparation familiale due au divorce des parents de Mme B... ne constitue pas un motif exceptionnel justifiant l'octroi du titre de séjour, écartant ainsi cet argument.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 313-11 7° du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Cet article prévoit que, pour l'octroi d'un titre de séjour, l'étranger doit avoir des liens stables et anciens avec la France. La Cour souligne que Mme B...a quitté son pays d'origine récemment et n'a pas établi une intégration durable.
2. Article L. 313-14 du même code : Cet article stipule que peuvent être considérés des motifs exceptionnels pour la délivrance d'un titre de séjour, notamment des considérations humanitaires. La Cour interprète cette exception de manière strictes, concluant que la simple séparation familiale due au divorce ne suffît pas pour justifier une situation humanitaire exceptionnelle. La Cour mentionne que "la circonstance qu'elle aurait été séparée de son père et de son frère et de ses sœurs par le divorce de ses parents ne peut être regardée comme constituant une considération humanitaire".
3. Application des règles de la procédure administrative : La Cour se réfère aux articles R. 776-1 et R. 776-9 du code de justice administrative pour expliquer la procédure applicable à ce type de contentieux, en précisant que le Président de la Cour peut rejeter des requêtes manifestement non fondées.
Ainsi, la décision de la Cour administrative d'appel, en confirmant le jugement de première instance, souligne tant l'importance des éléments de preuve à apporter pour justifier une demande de titre de séjour que la rigueur d'application des critères légaux en matière de séjour d'étrangers en France.