Résumé de la décision :
La Cour administrative d'appel a été saisie par M. C..., de nationalité algérienne, suite à un jugement du tribunal administratif de Marseille qui avait rejeté sa demande d’annulation d'un arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône. Cet arrêté refusait de lui délivrer un titre de séjour "vie privée et familiale", lui imposait une obligation de quitter le territoire français et fixait le pays de destination. M. C... demandait l'annulation de ce jugement, l'annulation de l'arrêté préfectoral, une injonction au préfet de lui délivrer un titre de séjour, ainsi que des frais de justice. La Cour a rejeté sa requête, estimant que le préfet n’avait pas méconnu les droits de M. C... au regard de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
Arguments pertinents :
1. Absence de nouveaux éléments : La Cour a souligné que M. C... se contentait de répéter ses arguments déjà présentés en première instance, sans apporter d'éléments nouveaux pour étayer sa position, ce qui ne justifie pas d'infirmer la décision antérieure.
> "M. C... se borne à reprendre en appel, sans apporter d'éléments nouveaux susceptibles d'accréditer ses allégations..."
2. Absence d'attache et d'insertion en France : M. C... n'a pas prouvé l'effectivité d'une communauté de vie avec Mme B... et n'a pas démontré son absence d'attaches dans son pays d'origine, l'Algérie, où il a vécu jusqu'à 26 ans. Par conséquent, la Cour a jugé que le préfet n'avait pas porté atteinte de manière disproportionnée au droit à la vie privée et familiale de M. C...
> "M.C..., sans charge de famille, ne démontre pas être dépourvu de toute attache dans son pays d'origine."
3. Pertinence de l'arrêté préfectoral : La décision du préfet ne constitue pas une erreur manifeste d'appréciation, compte tenu des éléments fournis par M. C... qui n'attestent pas d'une insertion réelle en France.
> "Le préfet des Bouches-du-Rhône n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée..."
Interprétations et citations légales :
1. Interprétation de l'article 8 de la CEDH : La Cour a examiné la compatibilité de la décision préfectorale avec le droit au respect de la vie privée et familiale tel que garanti par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Ce droit est relativisé par la possibilité pour les États de prendre des mesures d'immigration, tant que ces mesures ne portent pas une atteinte disproportionnée aux droits des individus.
> "Le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cet arrêté sur la situation personnelle du requérant."
2. Code de justice administrative - Article R. 776-1 : Cet article défini les requêtes présentées et jugées selon les dispositions relatives aux décisions d’obligation de quitter le territoire. En l'espèce, il justifie le cadre procédural dans lequel les requêtes de M. C... ont été examinées.
> "Sont présentées, instruites et jugées selon les dispositions de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile... les décisions portant obligation de quitter le territoire français."
3. Code de justice administrative - Article R. 776-9 : Ce dernier article permettant au président de la cour de rejeter des requêtes qui ne semblent pas susceptibles d'entraîner l'infirmation de la décision attaquée, a été utilisé pour justifier le rejet de la requête de M. C...
> "Le président de la cour administrative d'appel ou le magistrat qu'il désigne... peut, dans les mêmes conditions, rejeter les requêtes qui ne sont manifestement pas susceptibles d'entraîner l'infirmation de la décision attaquée."
En somme, la Cour a fondé sa décision sur l'absence d'éléments concrets justifiant la vie privée et familiale du requérant en France, ainsi que sur des procédures judiciaires appropriées marquées par le respect des lois en vigueur.