Résumé de la décision
M. C... a contesté une ordonnance du tribunal administratif de Marseille, qui avait rejeté sa demande comme manifestement irrecevable, en raison de son incapacité à produire une copie intégrale de l'arrêté préfectoral contesté dans le délai imparti. En appel, M. C... a sollicité l'annulation de cette ordonnance et l'annulation de l'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales, ainsi que plusieurs demandes d'injonction et d'indemnisation. La cour a confirmé le rejet de la demande de M. C..., jugeant qu'il n'avait pas respecté les exigences de régularisation et que sa requête était manifestement dépourvue de fondement.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de la demande : La cour a souligné que l'article R. 222-1 du code de justice administrative permet aux présidents de rejeter des requêtes manifestement irrecevables sans régularisation préalable si elles n'ont pas été couvertes :
> "Les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : (...) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser."
2. Non-production de la décision contestée : La cour a noté que bien que M. C... ait été invité à produire la copie intégrale de la décision contestée dans un délai de quinze jours, il ne l'avait pas fait. La décision du tribunal administratif d’invalider la requête était donc fondée :
> "Il résulte de l'examen de la pièce déposée par son conseil que l'arrêté préfectoral contesté n'a pas été produit dans son intégralité."
3. La charge de la preuve : La cour a établi que M. C... n'a pas justifié l'impossibilité de présenter la décision intégrale, ce qui démontre l'importance pour le requérant de respecter les procédures administratives et juridiques en place.
Interprétations et citations légales
- Code de justice administrative - Article R. 222-1 : Cet article permet le rejet des requêtes manifestement irrecevables, soulignant la volonté du législateur d'assurer le bon fonctionnement des juridictions administratives. Le fait que la demande n'ait pas été régularisée dans le délai imparti a conduit la cour à juger que le premier juge avait agi à bon droit.
- Code de justice administrative - Article R. 612-1 : Il stipule que la juridiction ne peut rejeter des conclusions pour irrecevabilité que si elle a préalablement invité le requérant à régulariser sa demande, renforçant l'idée que le respect des délais et des formalités est essentiel :
> "Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité... la juridiction ne peut les rejeter... qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser."
- Code de justice administrative - Article R. 412-1 : Cet article impose que la requête soit accompagnée de l'acte attaqué, ce qui souligne l'exigence de fournir les éléments nécessaires pour examiner la légalité d'une décision contestée :
> "La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué."
En résumé, la décision de la cour souligne l'importance de la conformité aux procédures d'appel et les responsabilités qui incombent à un requérant dans la présentation de ses documents. L'irrecevabilité de la demande de M. C... repose sur sa non-observance des requis procéduraux, validant ainsi la décision initiale du tribunal administratif.