Résumé de la décision :
M. A..., ressortissant algérien, a demandé un titre de séjour en France, mais le préfet de l'Hérault a refusé cette demande par un arrêté en date du 6 juillet 2017, invoquant l'absence de preuves de résidence habituelle depuis plus de dix ans. Le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté par un jugement du 28 novembre 2017. M. A... a alors interjeté appel devant la Cour administrative d'appel, demandant l'annulation du jugement et de l'arrêté, ainsi que des injonctions en faveur de la délivrance des documents de séjour. La Cour a confirmé le jugement du tribunal administratif et a rejeté la requête de M. A....
Arguments pertinents :
1. Erreur de droit : M. A... soutenait que la décision du préfet était entachée d'une erreur de droit, en ce qu'il aurait confondu les notions de résidence habituelle et continue. Toutefois, la Cour a constaté que le préfet s'était basé, non pas sur un séjour antérieur en Algérie, mais sur l'absence de justificatifs probants de présence en France. La Cour a donc rejeté ce moyen : "le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté."
2. Absence de justification suffisante : La Cour a souligné que M. A... n'a pas produit de pièces permettant d'attester sa présence sur le territoire français depuis 2007. En effet, la plupart des documents présentés étaient des attestations de tiers peu fiables. Cela a conduit la Cour à conclure que le préfet n'a pas méconnu l'article 6 de l'accord franco-algérien, ni commis une erreur manifeste d'appréciation en son refus : "les pièces produites par M. A... ne permettent pas de justifier de sa présence habituelle".
Interprétations et citations légales :
La décision s'appuie sur l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, qui établit les conditions d'octroi d'un certificat de résidence. Selon l'article 6 de cet accord : "Le certificat de résidence d'un an portant la mention 'vie privée et familiale' est délivré de plein droit au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans".
L'interprétation de cette disposition par la Cour a mis en évidence l'importance des preuves tangibles de résidence sur le territoire. La Cour a estimé que la simple présentation d'attestations ou de documents administratifs ne suffit pas, ce qui constitue une exigence stricte pour le demandeur.
Ainsi, la décision s'ancre fermement dans des critères juridiques précis, soulignant le besoin de preuves concrètes et la distinction entre résidence habituelle et continuelle, évitant toute confusion qui pourrait nuire à l'application des droits liés à l'immigration. La Cour insiste sur la rigueur des preuves nécessaires pour établir un droit à un certificat de résidence conforme aux exigences énoncées dans l'accord.
En conclusion, cette décision met en lumière la nécessité de fournir des éléments de preuve solides et crédibles lorsqu'on invoque des droits liés à la résidence en France, tout en rappelant que l'interprétation des accords et textes de loi doit être respectueuse de leurs dispositions justifiantes.