Résumé de la décision
M. C..., de nationalité tunisienne, a demandé à la Cour d'ordonner le sursis à l'exécution d'un jugement du tribunal administratif de Marseille, qui a rejeté sa demande d'annulation d'un arrêté préfectoral lui refusant un titre de séjour et lui ordonnant de quitter le territoire français. La Cour a rejeté sa demande, considérant qu'il ne démontrait pas que le jugement contesté entraînerait des conséquences difficilement réparables. De plus, ses arguments ne remplissaient pas les conditions de recevabilité pour le sursis.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de la requête : La Cour a jugé que, s'agissant du refus du titre de séjour, le jugement ne pouvait donner lieu à des mesures d'exécution susceptibles de faire l'objet d'un sursis. Par conséquent, les conclusions présentées par M. C... étaient irrecevables. La décision stipule : « ...le jugement en litige ne peut entraîner aucune mesure d'exécution susceptible de faire l'objet du sursis prévu à l'article R. 811-17 du code de justice administrative ; que les conclusions que M. C... présente à cette fin sont, dès lors, irrecevables ».
2. Absence de conséquences difficilement réparables : La Cour a souligné que les éléments fournis par M. C... ne démontraient pas qu'il éprouverait des conséquences difficilement réparables en cas d'exécution de l'arrêté. Ainsi, il n'était pas démontré que son retour dans son pays d'origine serait gravement préjudiciable, puisque sa résidence habituelle en France n'était pas prouvée antérieurement à 2010 et qu’il n’avait aucune charge de famille en France.
Interprétations et citations légales
1. Article R. 811-17 du code de justice administrative : Cet article précise que le sursis peut être ordonné si l'exécution de la décision contestée risque d'entraîner des conséquences difficilement réparables et si les moyens de la requête semblent sérieux. La Cour a appliqué cette disposition en concluant que, dans le cas présent, la condition de conséquences difficilement réparables n'était pas remplie.
2. Absence de préjudice gravement préjudiciable : La Cour argumente que M. C... n'a pas réussi à démontrer que sa situation pourrait dégénérer suite à l'exécution de l'arrêté : « ...il ne ressort pas des pièces du dossier que l'obligation de quitter le territoire français prononcée à l'encontre du requérant comporterait pour lui des conséquences difficilement réparables... ».
Ainsi, cette décision illustre la rigueur avec laquelle les juridictions administratives évaluent les demandes de sursis à exécution, en se fondant sur des éléments factuels concrets et sur les exigences posées par les textes législatifs.