Résumé de la décision
Dans l'affaire N° 14MA04430, Mme A..., de nationalité comorienne, a formé un recours contre un jugement du tribunal administratif de Marseille du 16 octobre 2014 qui avait rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du 6 juin 2014 du préfet des Bouches-du-Rhône, refusant son admission au séjour et lui enjoignant de quitter le territoire français. La Cour administrative d'appel de Marseille a annulé le jugement du tribunal administratif ainsi que l'arrêté préfectoral, considérant que ce dernier portait une atteinte disproportionnée au droit de Mme A... au respect de sa vie privée et familiale en vertu de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme. La Cour a enjoint au préfet de délivrer à Mme A... un titre de séjour sous la mention "vie privée et familiale".
Arguments pertinents
1. Violation réaffirmée de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme : La Cour a estimé que le préfet avait porté une atteinte disproportionnée au droit de Mme A... au respect de sa vie privée et familiale. En effet, les circonstances démontraient que Mme A... avait des liens familiaux solides en France, avec trois de ses enfants nés sur le territoire et un séjour continu en France depuis plusieurs années.
> "le préfet des Bouches-du-Rhône, en prenant l'arrêté en litige, a porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris".
2. Importance des liens familiaux : La Cour a mis en lumière l'importance des liens familiaux et de la stabilité de la situation de Mme A... en France, ce qui devait être pris en compte dans l'appréciation de la décision de refus de titre de séjour.
> "L'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France."
Interprétations et citations légales
1. Interprétation de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme : Cet article affirme que toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, et qu'une ingérence ne peut se justifier que si elle est prévue par la loi et nécessaire dans une société démocratique. La Cour a appliqué cette disposition pour conclure que les droits de Mme A... étaient méconnus.
> Article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :
> "1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale...;
> 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire..."
2. Considérations relatives au droit de séjour : La Cour a également pris en compte la loi française relative au droit d'entrée et de séjour des étrangers, notamment la nécessité de prendre en compte non seulement le respect des lois mais aussi la situation particulière de l'individu sur le territoire.
> Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Articles généraux applicables concernant le droit d'asile et les conditions d'octroi de titre de séjour.
3. Injonction de délivrance de titre de séjour : En raison des constatations précédentes, la Cour a pris la décision d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de délivrer un titre de séjour à Mme A..., soulignant qu'aucun fait nouveau ne justifiait un refus.
> "Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de délivrer à Mme A... un titre de séjour portant la mention 'vie privée et familiale'".
Cela illustre l'importance du droit à la vie familiale dans les décisions relatives au séjour des étrangers en France dans le cadre des conventions internationales.