Résumé de la décision
M.D..., ressortissant camerounais, a demandé l'annulation d'un jugement du tribunal administratif de Marseille qui avait rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour en tant que conjoint de français. Par arrêté du 9 mai 2017, le préfet des Bouches-du-Rhône avait refusé ce renouvellement et imposé une obligation de quitter le territoire français. M.D... argue que ses droits à la vie familiale, protégés par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, avaient été méconnus et que l'arrêté était entaché d'une erreur manifeste d'appréciation. La Cour administrative d'appel a confirmé le jugement du tribunal administratif, considérant que l'atteinte à sa vie privée et familiale n'était pas disproportionnée et que le préfet n'avait pas commis d'erreur manifeste dans son appréciation.
Arguments pertinents
1. Respect de la vie privée et familiale : La Cour précise que, selon l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, toute ingérence dans la vie privée doit être justifiée. M.D... était séparé de son épouse et sans charge de famille, il ne pouvait donc pas prétendre à une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée.
Citation clé : « le préfet des Bouches-du-Rhône, en refusant de lui délivrer un titre de séjour et en l'obligeant à quitter le territoire français, n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale, une atteinte disproportionnée. »
2. Appréciation de la situation personnelle : La Cour considère que les liens personnels que M.D... avait établis en France ne sont pas suffisants pour établir qu'il avait transféré le centre de sa vie privée dans le pays. Cela justifie le refus de renouvellement de son titre de séjour.
Citation clé : « les liens personnels noués récemment au sein de sa communauté ne suffisent pas à établir que l'intéressé a transféré le centre de sa vie privée en France. »
Interprétations et citations légales
1. Article 8 de la Convention européenne : Cet article établit le droit de toute personne au respect de sa vie privée et familiale. Cependant, il précise également que les ingérences doivent être prévues par la loi et nécessaires dans une société démocratique.
Citation légale : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire... »
2. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 313-12 : Cet article régit les conditions de délivrance ou de renouvellement des titres de séjour sur la base de la vie privée et familiale. Dans ce cas, le préfet a correctement appliqué les dispositions légales, ayant constaté que M. D... ne remplissait pas les conditions requises en raison de ses liens personnels et familiaux.
Citation du Code : « L'article L. 313-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile... »
En résumé, la décision de la Cour souligne le caractère normatif de l'appréciation faite par le préfet au regard des circonstances personnelles de M.D... et confirme la légitimité de son refus de renouvellement de titre de séjour en se fondant sur l'analyse des droits garantis par la convention européenne.