Résumé de la décision
Dans une ordonnance du 3 mars 2017, la Cour administrative d'appel a rejeté la requête de Mme C..., qui demandait l'annulation de l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. Mme C..., fabricant et vendant des bijoux, avait demandé une expertise pour évaluer sa perte de chiffre d'affaires suite à sa non-participation au marché de Noël à Reims, prétendant que cette situation découlait de conditions financières jugées abusives imposées par l'association "Les vitrines de Reims", en lien avec une convention entre la ville de Reims et cette association. La Cour a considéré que Mme C. avait suffisamment d'éléments pour établir sa demande d'indemnisation sans recourir à une expertise préalable.
Arguments pertinents
1. Disponibilité des éléments d’appréciation : La Cour a relevé que Mme C... disposait déjà des éléments comptables et financiers nécessaires pour intenter une action en indemnisation contre la ville de Reims ou l'association "Les vitrines de Reims". Cela est crucial car, selon la Cour, les éléments de preuve nécessaires à son argumentation étaient parfaitement accessibles à la requérante.
> "Mme C...dispose, [...] de tous les éléments d'appréciation, notamment comptables, lui permettant d'adresser à la commune de Reims [...] une demande d'indemnisation préalable".
2. Rôle du juge du fond : La Cour a souligné que, dans le cadre d'un éventuel litige ultérieur, il reviendrait au juge du fond de déterminer les mesures nécessaires pour résoudre le cas.
> "Il reviendra, ensuite, au juge du fond compétent, [...] de faire usage des pouvoirs généraux qui lui sont dévolus pour ordonner, le cas échéant, toutes mesures, communications et investigations nécessaires à la solution du litige."
Interprétations et citations légales
L'ordonnance s'appuie sur les dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, lequel réglemente les demandes d'expertise dans le cadre d'une procédure administrative. La Cour analyse l'utilité d'une mesure d'expertise en considérant non seulement les moyens dont dispose le demandeur, mais également l'intérêt de cette mesure pour le litige en perspective.
- Code de justice administrative - Article R. 532-1 : Cet article permet de demander des mesures d'expertise dans le cadre d'un litige administratif, mais la nécessité de cette expertise est conditionnée par l’absence d’éléments suffisants en possession du demandeur pour établir son préjudice.
Mme C... ayant été jugée suffisamment dotée d'éléments probants pour sa demande, la cour a considéré que la requête pour une expertise n'était pas fondée. Cela implique que la cour a mis l'accent sur l'auto-suffisance des éléments que la demandeuse avait déjà en sa possession pour étayer ses arguments.
Ainsi, l'ordonnance démontre une appréciation prudente et rigoureuse des demandes d'expertise, réaffirmant le besoin d'une base factuelle solide avant de procéder à des investigations plus coûteuses et longues.