Résumé de la décision
Mme B...D...épouse A... et M. E...A..., ressortissants algériens, ont contesté un jugement du tribunal administratif de Strasbourg qui avait rejeté leur demande d'annulation des arrêtés préfectoraux du 2 juin 2017 leur refusant un titre de séjour et les obligeant à quitter le territoire français. Leur requête a été examinée par la cour qui a confirmé le jugement du tribunal administratif, jugeant que le préfet n'avait pas porté atteinte de manière disproportionnée à leur droit au respect de leur vie privée et familiale. La cour a donc rejeté la demande d'annulation ainsi que les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
1. Absence de vie familiale établie : M. et Mme A... ont été présents en France moins de deux ans et, bien qu'ils aient des liens familiaux en France, ils n'ont pas démontré être dépourvus d'attaches personnelles dans leur pays d'origine. La cour a jugé que le préfet avait agi dans les limites de son pouvoir discrétionnaire en considérant que leur retour ne porterait pas atteinte de manière disproportionnée à leur vie familiale.
> « ...le préfet n'a pas porté à leur droit au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts poursuivis en leur refusant un titre de séjour... »
2. Contexte légal : L'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et l'article 6 de l'accord franco-algérien ont servi de fondement juridique pour examiner les demandes de M. et Mme A.... Leur situation a été analysée à la lumière de ces textes, en fonction des liens établis en France et des implications de leur retour.
3. Intégration et vie familiale : Bien que M. et Mme A... aient évoqué leur intégration en France, incluant la promesse d'embauche de Mme A... et sa grossesse, la cour a considéré que ces éléments ne suffisaient pas à établir une atteinte disproportionnée à leur vie familiale, tant leurs séjours respectifs en France étaient récents.
Interprétations et citations légales
La cour s'est appuyée sur plusieurs textes législatifs pour justifier sa décision :
1. Convention européenne des droits de l'homme - Article 8 :
> « [...] Il ne peut y avoir d'ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale... »
Cet article établit le droit au respect de la vie privée et familiale, mais permet aussi des ingérences lorsque celles-ci sont proportionnées et justifiées.
2. Accord franco-algérien - Article 6 :
> « Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : [...] au ressortissant algérien, qui...dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus. »
Cet article fournit une base légale pour la reconnaissance des droits des ressortissants algériens en matière de résidence en France, tout en soulignant que la nature de leurs liens personnels doit justifier une demande de titre de séjour.
En somme, la décision de la cour est fondée sur l'interprétation des droits garantis par ces textes, tout en tenant compte de la durée de présence en France des requérants et de leur capacité à maintenir des liens familiaux en Algérie. La cour a jugé que le motif de refus du préfet était justifié et proportionné dans ce cas précis.