Résumé de la décision :
M. et Mme E..., ressortissants algériens, ont sollicité la délivrance d'un titre de séjour en France en raison de l'état de santé de leur fils, M. A..., dont la maladie, une fibrodysplasie ossifiante progressive, exige un suivi médical constant. Le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé cette demande, décision confirmée par le tribunal administratif de Nancy. Les requérants ont interjeté appel de ce jugement. L'arrêt de la cour confirme le rejet de leur requête, considérant que les preuves fournies ne démontraient pas l'impossibilité de soins adéquats en Algérie.
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Arguments pertinents :
1. Absence d'erreur manifeste d'appréciation : La cour a estimé que l’autorité préfectorale a correctement évalué la situation médicale de M. A... sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation. En effet, bien que l'état de santé de M. A... nécessitât une présence parentale, cela ne suffisait pas à établir que les soins nécessaires n'étaient pas disponibles en Algérie.
2. Preuves insuffisantes sur la disponibilité des soins : Les certificats médicaux produits par les requérants, bien que reconnaissant la gravité de l'état de santé de leur fils, n'apportaient pas la preuve que son suivi médical ne pouvait être assuré dans leur pays d'origine. La cour a souligné que le seul certificat ne pouvait suffire à remettre en question l’avis du collège de médecins de l’OFII concernant la disponibilité de soins appropriés.
3. Respect des droits individuels sous condition de preuve : Bien que la cour ait pris en compte les droits des requérants, elle a noté que ceux-ci devaient être agréés par des éléments concrets permettant d'établir l'impossibilité d'un suivi médical adéquat, ce qui n'a pas été le cas ici.
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Interprétations et citations légales :
1. Évaluation des droits en matière de séjour :
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 313-11 : Cet article précise les conditions dans lesquelles un étranger peut demander un titre de séjour, incluant les situations particulières liées à des raisons de santé. La cour s’est référée à cet article pour rappeler que l'évaluation des demandes doit être faite sur la base de fonds factuels suffisamment établis.
2. Application des normes internationales :
- Convention internationale relative aux droits de l'enfant - Article 24 : Ce texte stipule que chaque enfant a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer son développement physique, mental, spirituel, moral et social. Le tribunal a reconnu la nécessité de prendre en compte les droits de l'enfant, mais cette reconnaissance est conditionnée par des preuves concrètes.
3. Sur la notion de soins médicaux adaptés :
- Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Les dispositions de cet article évoquent la possibilité de condamner une partie à payer les frais d'avocat de l'autre partie dans les cas où la mauvaise foi est établie. Toutefois, dans cette décision, la cour a jugé que les requérants n'apportaient pas d'arguments fondés pour obtenir des indemnités.
En conclusion, la décision de la cour met en lumière la nécessité d'étayer de manière substantielle les demandes relatives aux titres de séjour pour des raisons médicales, tout en équilibrant les droits individuels avec les réalités du système de santé dans le pays d'origine.