Résumé de la décision
La cour administrative a été saisie par Mme A... B..., de nationalité arménienne, qui contestait un arrêté du 4 février 2020 refusant de lui délivrer un titre de séjour et ordonnant son éloignement du territoire français. La cour a rejeté la requête de Mme B..., confirmant que la décision attaquée ne méconnaissait pas les droits de ses petits-enfants au sens de l'article 3-1 de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant et ne comportait pas d'erreur manifeste d'appréciation.
Arguments pertinents
Dans sa décision, la cour a souligné plusieurs points clés :
1. Intérêt supérieur de l'enfant : La cour a précisé que, selon l'article 3-1 de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale dans toutes les décisions les concernant. Toutefois, elle a estimé que le retour de Mme B... en Arménie avec ses petits-enfants ne nuirait pas à leurs intérêts, car ils seraient accompagnés de leurs parents, qui maîtrisent la langue et la culture du pays.
2. Évaluation du cadre éducatif en Arménie : La cour a noté que les petits-enfants de Mme B... ne seraient pas à un niveau scolaire qui ne pourrait être adapté en Arménie. Elle a également mentionné qu'une simple comparaison des dépenses publiques en éducation ne suffit pas à prouver que l'enseignement en Arménie serait de moindre qualité.
3. Absence de conditions de vie alarmantes : En conclusion, la cour a indiqué que la requérante ne pouvait pas soutenir que l'arrêté attaqué méconnaissait l'intérêt supérieur de ses petits-enfants ou qu'il constituait un changement brutal, les enfants étant en mesure de poursuivre leur scolarité dans un environnement familial reconstitué.
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur plusieurs textes juridiques, notamment :
1. Convention internationale relative aux droits de l'enfant - Article 3-1 :
"Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale."
La cour a interprété cet article comme imposant à l'autorité administrative l'obligation de peser soigneusement l'intérêt des enfants dans les décisions d'éloignement, tout en considérant le contexte familial global.
2. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Bien que la citation précise ne soit pas mentionnée dans la décision, le cadre juridique s'applique au traitement des demandes d'asile et de séjour, que la cour a évalué en fonction de la légalité des déplacements et de la situation de Mme B....
3. Loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : Cet article régit l’aide juridictionnelle, mais dans ce cas précis, la demande de condamnation de l'État à verser des honoraires a été écartée, la cour ayant rejeté le recours principal.
En somme, la décision montre que la cour a accordé une grande importance à l'analyse des éléments factuels dans le cadre juridique existant et a estimé que les arguments de Mme B... ne suffisaient pas à renverser la décision de la préfète.