Résumé de la décision :
M. B... A..., ressortissant monténégrin, a demandé l'annulation d'un jugement du tribunal administratif de Strasbourg et d'un arrêté préfectoral qui lui imposait de quitter le territoire français. Ce dernier a été rejété par le tribunal, qui a constaté que M. A... ne pouvait pas prétendre à un titulaire de séjour, considérant que ses précédentes demandes avaient été refusées et que son droit à la vie privée ne pouvait justifier une telle demande. La cour a décidé de rejeter la requête de M. A... fondée sur des arguments juridiques relatifs à l'incompétence, l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, et l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
Arguments pertinents :
1. Incompétence du signataire : Le tribunal a correctement écarté le moyen de contestation relatif à l'incompétence du signataire de l'arrêté, soulignant que cette incompétence n'était pas établie. “Le tribunal a écarté, par une motivation suffisante… le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige.”
2. Absence de réexamen du droit au séjour : Le tribunal a constaté que toutes les demandes de titre de séjour avaient été rejetées auparavant et que l'arrêté contesté n'examinait pas à nouveau les droits de M. A... sous l'article L. 313-14. “Il ne ressort ni de cet arrêté ni des autres pièces du dossier que le préfet aurait, en l'édictant, examiné à nouveau le droit de l'intéressé au séjour au regard de [ces] dispositions.”
3. Article 8 de la Convention européenne : Concernant le droit au respect de la vie privée, la cour a conclu que, bien qu'il ait été en France depuis cinq ans, M. A... n'a pas prouvé qu'il avait établi ses intérêts en France, d'où une ingérence justifiée dans sa vie privée. “Par suite, M. A... n'est pas fondé à soutenir qu'en prononçant une obligation de quitter le territoire français… le préfet de la Moselle a porté une atteinte disproportionnée à [ces] droits.”
Interprétations et citations légales :
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 313-14 : Cet article stipule les conditions dans lesquelles un étranger peut obtenir un titre de séjour. Dans cette décision, il a été interprété comme ne permettant pas une nouvelle demande lorsque les précédentes ont été rejetées sans un réexamen substantiel.
- Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales - Article 8 : Ce texte est interprété comme concédant le droit au respect de la vie privée, tout en reconnaissant qu’une ingérence peut être justifiée par des considérations d'ordre public. L'analyse des faits a montré que bien que M. A... soit en France depuis un certain temps, il n’a pas établi de liens suffisants pour contester l’ordonnance d’éloignement. “Il ressort des pièces du dossier que M. A..., présent en France depuis cinq ans… n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il aurait transféré le centre de ses intérêts en France.”
En somme, la décision met en lumière la nécessité pour les demandeurs de prouver non seulement la présence sur le territoire français mais également la constitution de véritables attaches sociales ou familiales pour justifier leur droit à rester dans le pays.