Résumé de la décision :
Les requêtes présentées par Mme A...D... et Mme C...E... épouse D... ont pour objet l'annulation de jugements du tribunal administratif de Strasbourg qui ont rejeté leurs demandes d'annulation d'un arrêté préfectoral d'octobre 2014. Cet arrêté a refusé de leur délivrer un titre de séjour qui leur aurait permis de rester en France, les obligeant à quitter le territoire en raison de leur situation irrégulière. Les requérantes invoquent des arguments relatifs à la situation médicale, la scolarisation, ainsi que la disparition de leur époux et père en Russie. La cour confirme la décision du tribunal administratif, estimant que les arrêtés préfectoraux ne contiennent pas d'erreur manifeste d'appréciation.
Arguments pertinents :
1. Intégration et situation médicale : Les requérantes ont fait valoir leur intégration dans la société française et la nécessité de prise en charge médicale. Toutefois, la cour souligne qu'elles résident en France depuis moins de trois ans et que le défaut de prise en charge éventuel en Russie ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité.
- Citation : "il ressort de l'avis rendu [...] qu'un défaut éventuel de prise en charge ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité."
2. Évaluation des risques en cas d'éloignement : Le tribunal a examiné les éléments relatifs à la disparition du père, mais a conclu que la situation de sécurité des requérantes ne justifiait pas le maintien en France. Des éléments montrent que les responsables de cette disparition ont été condamnés pénalement.
- Citation : "il ressort des éléments produits à l'instance par les intéressées que le chef de ce groupe et plusieurs de ses complices ont été pénalement condamnés".
3. Droit à l'éducation : Concernant la scolarisation des enfants, la cour indique qu'il n'est pas établi que ces dernières ne pourraient pas poursuivre leurs études en Russie, ce qui affaiblit leur argument relatif à un risque d'exclusion scolaire.
- Citation : "il n'est ni établi ni même allégué que Mme A...D... et ses deux soeurs ne pourraient pas poursuivre leurs études dans le pays d'origine de la famille."
Interprétations et citations légales :
1. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Cette loi régit les conditions de séjour et le traitement des demandes d'asile en France. Dans le cas de ces requérantes, les décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides indiquent que leur demande de reconnaissance de la qualité de réfugiées a été rejetée, ce qui les rend toujours passibles d'une mesure d'éloignement.
- Article pertinent : Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 313-12 : définitions et conditions de délivrance des titres de séjour.
2. Code de justice administrative : Ce cadre législatif permet de contester les décisions administratives, comme celle prise par le préfet, mais il nécessite que les requérants apportent des éléments factuels démontrant l'erreur manifeste d'appréciation, ce qui n’a pas été le cas ici.
- Article pertinent : Code de justice administrative - Article R. 421-1 : dispositions relatives aux voies de recours contentieux.
En conclusion, la cour a jugé que les requêtes de Mme A...D... et Mme C...D... ne contenaient pas d'arguments juridiques suffisamment fondés pour remette en question la légalité des arrêtés préfectoraux.