Résumé de la décision
Mme A...D... et Mme C...E... épouseD..., toutes deux ressortissantes russes, ont contesté des arrêtés du préfet du Bas-Rhin refusant de leur délivrer un titre de séjour et les obligeant à quitter le territoire français. Les requérantes, qui évoquent la situation médicale d'une fille et la disparition tragique de leur époux/père, ont vu leur demande rejetée par le tribunal administratif de Strasbourg, décision qu'elles ont attaquée en appel. La cour a confirmé ce rejet, estimant que les arrêtés ne comportaient pas d'erreurs manifestes d'appréciation et que les conditions juridiques de l'éloignement étaient remplis.
Arguments pertinents
1. Évaluation de la situation personnelle des requérantes : La cour a pris en compte les éléments présentés par les requérantes quant à la situation médicale et scolaire de Mme A...D..., ainsi que la disparition tragique de leur père. Cependant, ils n'étaient pas suffisants pour justifier leur maintien sur le territoire français. La cour a souligné que « en admettant même que l'état de santé de Mme A...D... nécessite une prise en charge médicale, il ressort de l'avis rendu que […] un défaut éventuel de prise en charge ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité ».
2. Motivation du tribunal administratif : La cour a jugé que le tribunal administratif avait suffisamment motivé ses décisions, notamment en soulignant que « les arrêtés contestés ne sont entachés d'aucune erreur manifeste d'appréciation » et ont bien examiné les éléments présentés par les requérantes.
Interprétations et citations légales
1. Application du code de l'entrée et du séjour des étrangers : Les requérantes ont fait valoir leur intégration dans la société française. Cependant, le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile reste clair sur les conditions de délivrance des titres de séjour, stipulant que des considérations personnelles doivent être examinées dans le cadre de la légalité des arrêtés de refus de séjour (CESEDA - Articles L. 313-11 à L. 313-12).
2. Situation des mineurs : Bien que les deux filles mineures de Mme A...D... et Mme C...E... puissent être amenées à suivre leur mère en cas d'éloignement, le tribunal a décidé qu'il n'existe pas d'éléments étayant qu'elles ne pourraient pas poursuivre leurs études dans leur pays d'origine. Cela repose sur le principe selon lequel les considérations liées à la continuité scolaire ne prévalent pas sur des décisions administratives qui respectent la législation en vigueur (CESEDA - Article L. 512-1).
En conclusion, la cour a confirmé les décisions du tribunal administratif, considérant que tous les éléments présentés, tant sur le plan humanitaire que sur la législation, ne justifiaient pas de contester les arrêtés de refus de titre de séjour. Ces décisions soulignent la rigueur des critères d'évaluation des situations personnelles dans le contexte des droits des étrangers.