Résumé de la décision
M. C... a contesté l'arrêté du 12 février 2016 pris par le préfet de la Marne, qui lui ordonnait de se dessaisir de ses armes de catégorie C et D, en raison de sa condamnation pénale inscrite au bulletin n° 2 de son casier judiciaire. Sa requête auprès du tribunal administratif a été rejetée le 6 juin 2017. M. C... a donc formé un recours devant la cour administrative d’appel, visant à annuler ce jugement et l'arrêté préfectoral. La cour a confirmé la légalité de l'arrêté et a rejeté la requête de M. C..., considérant qu'il n'était pas fondé à soutenir l'incompétence de l'autorité signataire, l'insuffisance de motivation de l'arrêté ni l'erreur d'appréciation.
Arguments pertinents
1. Incompétence et insuffisance de motivation : La cour a considéré que le tribunal administratif avait correctement rejeté les arguments de M. C... concernant l'incompétence du préfet et l'insuffisance de motivation de l'arrêté. La cour a adopté les motifs du premier jugement, affirmant que "le préfet de la Marne pouvait légalement lui ordonner de se dessaisir de ses armes".
2. Fondement juridique de l'interdiction : La cour a statué que l'arrêté était fondé directement sur les articles du Code de la sécurité intérieure, stipulant que "Nul ne peut acquérir et détenir légalement des matériels ou des armes des catégories B et C s'il ne remplit pas les conditions" stipulées dans l’article L. 312-3.
3. Conséquences de la condamnation pénale : Le tribunal a relevé que M. C... avait été condamné pour des infractions relevant des dispositions du même code, ce qui justifiait l'interdiction d'acquisition et de détention d'armes : "En application de ces dispositions, ce dernier ne pouvait donc plus acquérir ni détenir des matériels ou des armes des catégories B et C."
Interprétations et citations légales
Dans cette décision, plusieurs articles clés du Code de la sécurité intérieure ont été appliqués :
- Code de la sécurité intérieure - Article L. 312-3 : Cet article précise que toute personne ayant un bulletin n° 2 de son casier judiciaire comportant des condamnations pour certains crimes ou délits ne peut acquérir ou détenir des armes de catégories B et C. La cour a souligné l’application de cet article, affirmant que la condamnation de M. C... pour des infractions de violence et de transport prohibé d'armes était déterminante dans le cadre de l’interdiction.
- Code de la sécurité intérieure - Article L. 312-11 : La cour a fait référence à ce texte qui permet au représentant de l'État d'ordonner le dessaisissement d'armes pour des raisons d'ordre public. Cela a été cité comme base légale pour l'arrêté du préfet et justifie son action.
- Code de la sécurité intérieure - Article R. 312-67 : Cet article indique que le préfet peut ordonner la remise ou le dessaisissement d'armes lorsque le demandeur a été condamné pour des infractions prévues. Cela a également appuyé la décision du préfet, car la cour a relégué la question de l'ancienneté de la condamnation à l'arrière-plan, considérant le cadre légal comme prépondérant.
Ainsi, la décision souligne l'importance de la sécurité publique et l'applicabilité stricte des règles régissant la possession d'armes en relation avec le passé criminel d'un individu. Le tribunal a également souligné que le fait que M. C... n'ait pas contesté les mesures concernant les armes de catégorie D affaiblissait encore sa position.