Résumé de la décision
M. B..., un ressortissant tunisien, a contesté un jugement du tribunal administratif de Besançon, qui avait rejeté sa demande d'annulation d'un arrêté préfectoral du 5 avril 2017. Cet arrêté avait refusé sa demande de titre de séjour "entrepreneur / profession libérale" et comportait une obligation de quitter le territoire français. M. B... affirmait que cette décision violait ses droits en raison d'une procédure pénale en cours, de ses problèmes de santé et d'une atteinte à sa vie privée et familiale. La cour a rejeté sa requête, confirmant la légalité de l'arrêté préfectoral et les décisions antérieures du tribunal.
Arguments pertinents
1. Absence d'impact de la procédure pénale sur l'arrêté : La cour a jugé que la procédure pénale dont M. B... faisait l'objet n'avait pas d'incidence sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire. En effet, l'ordonnance du juge d'instruction qui interdisait à M. B... de quitter le territoire ne s'opposait pas à la décision du préfet. La cour a affirmé : « la procédure pénale dont M. B... faisait l'objet à la date de la décision attaquée est, par elle-même, sans incidence sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français. »
2. État de santé sans incidence : La cour a également constaté que les éléments relatifs à l'état de santé de M. B..., qui ont été présentés après la décision attaquée, ne pouvaient pas être pris en compte. Les motifs qui ne se rapportent pas à la période antérieure à l'arrêté ne peuvent pas affecter sa légalité. La cour a précisé que "les pièces produites par M. B... quant à son état de santé sont postérieures à l'arrêté contesté et sont, par suite, sans incidence sur sa légalité."
3. Atteinte à la vie privée et familiale : Concernant l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme, la cour a jugé que M. B... n'avait pas démontré que l'arrêté préfectoral portait atteinte de manière disproportionnée à son droit au respect de sa vie familiale et privée. Elle a déclaré que malgré ses attaches en France, il "n'allègue pas n'y avoir aucune attache" dans son pays d'origine, ce qui réduit son argumentation sur ce point.
Interprétations et citations légales
1. Interdiction de quitter le territoire : L'ordonnance du juge d'instruction ne fait qu’interdire l’éloignement de M. B... mais permet au préfet d'agir dans le cadre de ses prérogatives. Selon la décision : "l'ordonnance du 7 juillet 2017 [...] ne fait pas obstacle à ce que le préfet du Territoire de Belfort décide de prononcer à son encontre une mesure d'éloignement".
2. État de santé : La cour a souligné qu'il est impératif que les éléments invoqués soient pertinents à la date de la décision. Les documents relatifs à son état de santé, apparus après l'arrêté, étaient donc inadéquats pour justifier une annulation : "les éléments relatifs à son état de santé sont sans incidence sur la légalité de cet arrêté".
3. Droits de la défense : Concernant l'article 8 de la convention européenne, la cour a précisé que l'ingérence dans la vie privée doit être justifiée par des raisons légitimes telles que "la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre". La cour a constaté que M. B... n'a pas prouvé comme il le soutenait que l'arrêté aurait porté atteinte à sa vie privée de manière disproportionnée.
Ces éléments législatifs et interprétatifs ancrent la décision prise dans des principes juridiques solides, assurant ainsi sa validité face aux arguments de la défense.