Résumé de la décision
La société civile immobilière (SCI) Lanoue Réalisation a contesté une majoration pour manquement délibéré concernant des rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) résultant d'une vérification comptable pour la période du 1er janvier au 30 septembre 2013. Par un jugement du 13 octobre 2017, le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande de décharge. En appel, la cour a confirmé la décision du tribunal, considérant que l'administration fiscale avait établi l'intention délibérée de la SCI d'éluder l'impôt, et a rejeté par conséquent toutes les demandes de la SCI.
Arguments pertinents
1. Charge de la preuve :
La cour a souligné que selon l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales, "la preuve de la mauvaise foi et des manoeuvres frauduleuses incombe à l'administration" en cas de contestation des pénalités fiscales. Cependant, elle a estimé que l'administration avait satisfait à cette exigence en démontrant le montant significatif de la TVA encaissée et les antécédents de la SCI en matière de non-conformité fiscale.
2. Intention délibérée :
En faisant référence au chiffre d'affaires important et aux manquements répétés de la SCI, la cour a jugé que "l'administration établit le bien-fondé de la majoration pour manquement délibéré". Cette conclusion s'appuie sur le fait que même en l'absence de preuves directes d'intention frauduleuse, le comportement antérieur de la SCI et sa connaissance des règles fiscales constituaient une preuve suffisante de son intention d'éluder ses obligations fiscales.
3. Rejet des conclusions :
La SCI Lanoue Réalisation a été déclarée non fondée à soutenir que le tribunal avait inversé la charge de la preuve. Par conséquent, les conclusions relatives à la prise en charge des frais de litige ont également été rejetées.
Interprétations et citations légales
1. Article 1729 du code général des impôts :
Cet article stipule que le manquement délibéré entraîne une majoration de 40 % sur les inexactitudes déclaratives. Cet article a été interprété comme permettant l'imposition de pénalités pour des comportements jugés intentionnels par le fisc, ce qui a conduit la cour à confirmer que les agissements de la SCI justifiaient cette sanction.
2. Article L. 195 A du livre des procédures fiscales :
La cour a précisé que cet article impose à l'administration fiscale de prouver la mauvaise foi en cas de contestation des pénalités. La cour a utilisé cette norme pour rejeter l'argument de la SCI selon lequel l'administration n'avait pas prouvé son intention. Elle a mis en avant que l'administration avait apporté des éléments tels que "le montant de la taxe sur la valeur ajoutée que la SCI... a encaissé" pour établir le manquement.
En conclusion, cette décision souligne l'importance de la connaissance des obligations fiscales pour les sociétés et les conséquences d'une mise en œuvre répétée de manquements dans le respect de ces obligations.