Résumé de la décision
M. D... C..., en appel d'une décision du tribunal administratif de Nantes datée du 15 décembre 2017, conteste une imposition sur un complément de prix de 30 000 euros qu'il a perçu en plus du prix de vente de sa résidence principale. L'administration fiscale avait considéré cette somme comme un revenu imposable dans la catégorie des bénéfices non commerciaux. La cour administrative d'appel a annulé le jugement du tribunal administratif, considérant que le complément de prix constituait une dissimulation du prix de vente et devait être imposé au titre des plus-values immobilières, ce qui a conduit à une décharge des impôts et pénalités correspondants.
Arguments pertinents
1. Dissimulation du prix de vente : La cour a statué que la somme de 30 000 euros versée supplémentaires par les acquéreurs est à considérer comme une dissimulation du prix de vente initial. Elle a précisé que cette somme devait être intégrée dans le calcul de la plus-value immobilière, en application des articles du code général des impôts.
Citation pertinente : La cour a relevé que « la somme de 30 000 euros que M. et Mme C... ont perçue… doit être imposée dans la catégorie des plus-values de cession à titre onéreux de biens ou de droits de toute nature ».
2. Inadéquation de l'imposition en tant que bénéfices non commerciaux : La cour a rejeté l'argument de l'administration qui plaçait cette somme dans la catégorie des bénéfices non commerciaux, affirmant que cette catégorisation n'était pas applicable ici.
Citation pertinente : La cour a souligné que « cette catégorie est régie par les dispositions du VII ter de la 1ère sous-section de la section II du chapitre premier du titre premier du livre premier du code », précisant ainsi le cadre approprié pour la taxation de la plus-value.
Interprétations et citations légales
Dans cette décision, les dispositions du Code général des impôts ont été interprétées afin de déterminer la nature taxable de la somme supplémentaire perçue lors de la vente immobilière. Deux articles fondamentaux ont constitué le fondement juridique de la décision :
- Code général des impôts - Article 150 U : Cet article stipule que les plus-values résultant de la cession à titre onéreux de biens immobiliers sont passibles de l'impôt sur le revenu. La cour a interprété que la somme supplémentaire perçue devait se qualifier de plus-value, et non de bénéfice commercial.
- Code général des impôts - Article 150 VB : Cet article précise que le prix d'acquisition, lorsqu'il y a dissimulation, doit être ajusté pour refléter la réalité de la transaction. La cour a indiqué que ce complément de prix constitue une dissimulation qui augmente le prix réel de cession, entraînant ainsi une imposition au titre des plus-values.
Ainsi, la cour a conclu que l’administration devait requalifier l’imposition de M. C... afin de respecter le cadre légal prévu pour les plus-values immobilières. Cette décision montre également l'importance de l'interprétation des textes fiscaux et les distinctions entre différentes catégories de revenus.