Résumé de la décision
M. B... a fait appel d’un jugement du 1er juillet 2015 du tribunal administratif de Nantes qui avait rejeté sa demande d’annulation de la décision du 10 janvier 2013 du ministre de l’intérieur, laquelle avait refusé sa demande de naturalisation. M. B... argue d'une erreur manifeste d'appréciation dans la décision administrative, soutenant qu'il n'avait pas de liens avec ses enfants, nés en 2010, résidant au Burkina Faso. La cour a confirmé le jugement du tribunal administratif, considérant que le ministre n'avait pas fauté en rejetant la demande de naturalisation en se basant sur le manque d’attaches familiales en France.
Arguments pertinents
1. Erreur manifeste d'appréciation : M. B... prétend que le ministre a fait une erreur manifeste d'appréciation. Cependant, la cour a statué que le ministre a légitimement pris en compte les liens familiaux de M. B... avec ses enfants, qui ont été déclarés à charge dans sa déclaration de revenus de 2010. Cela indique que, malgré les déclarations de M. B..., il existait des attaches familiales avec son pays d'origine.
> "Le ministre chargé des naturalisations... en se fondant, pour rejeter la demande... sur ce que l'intéressé n'avait pas fixé en France... le centre de ses attaches familiales, n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation."
2. Pouvoir d’appréciation de l’administration : La décision du ministre de rejeter ou d'ajourner une demande de naturalisation est fondée sur la capacité de l'administration à juger de l'opportunité de l'octroi de la nationalité. L'appréciation de l'intensité des liaisons du postulant avec son pays d'origine est un critère légalement pris en compte.
> "L'administration a le pouvoir de rejeter ou d'ajourner une demande de naturalisation."
Interprétations et citations légales
La décision repose sur une interprétation des articles du Code civil et du décret relatif à la naturalisation. Voici les interprétations des textes de loi appliqués :
- Code civil - Article 21-15 : Cet article établit que l’acquisition de la nationalité française par naturalisation est une décision de l’autorité publique, sous condition de demande de l’étranger. Cette formulation souligne que la naturalisation n'est pas un droit automatique mais une décision prise après évaluation des circonstances personnelles.
- Code civil - Article 27 : Cet article confère à l’administration le pouvoir de rejeter ou d’ajourner la demande de naturalisation, renforçant ainsi l’idée que le processus inclut un examen de l’opportunité qui demeure à la discrétion du ministre, et non au seul mérite de la demande.
- Décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 - Article 48 : Cet article stipule que "Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation... il prononce le rejet". Cela confirme que le ministre doit examiner la situation personnelle et déterminer si les attaches en France justifient la naturalisation, tenant compte notamment de la stabilités des liens familiaux du postulant.
En conclusion, la décision de la cour de rejeter l'appel de M. B... illustre le pouvoir discrétionnaire du ministre dans l'examen des demandes de naturalisation et la nécessité de démontrer des attaches stables en France pour bénéficier d'une telle procédure.