Résumé de la décision
Mme B..., ressortissante géorgienne, a fait appel d'un jugement du tribunal administratif de Rennes du 10 juillet 2015 qui rejetait sa demande d'annulation d'un arrêté du préfet d'Ille-et-Vilaine daté du 3 avril 2015. Cet arrêté refusait de lui délivrer un titre de séjour, lui imposait une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixait son pays de destination. La cour a confirmé le jugement du tribunal administratif, estimant que la décision du préfet n'avait pas porté atteinte de manière disproportionnée au droit de Mme B... au respect de sa vie privée et familiale, et a aussi rejeté ses conclusions à fin d'injonction.
Arguments pertinents
1. Entrée irrégulière : La cour a confirmé que la mention d'une entrée irrégulière dans l'arrêté contesté n'annulait pas sa légalité. Elle explique que "la mention erronée, dans l'arrêté contesté, d'une entrée irrégulière de l'intéressée en France n’entache pas cet arrêté d’illégalité".
2. Réexamen de la situation : La cour a indiqué que le non-respect du délai imparti au préfet pour réexaminer la situation de Mme B..., suite à un jugement précédent, n'affectait pas la légalité de l'arrêté. La cour déclare que "l'exécution hors du délai qui lui était imparti par le préfet d'Ille-et-Vilaine […] est sans incidence sur la légalité de l'arrêté contesté".
3. Absence d'atténuations humanitaires : La cour a noté que Mme B... ne fournissait pas de motifs exceptionnels justifiant son droit à un titre de séjour, en se fondant sur l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, cette absence a conduit au rejet de ses arguments.
Interprétations et citations légales
Le jugement de la cour repose essentiellement sur l'interprétation des dispositions suivantes :
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 313-11 : Cet article précise les conditions dans lesquelles un étranger peut bénéficier d'un titre de séjour en France. La cour a interprété cet article en soulignant que les circonstances personnelles de Mme B..., notamment son intégration et sa vie familiale, n'étaient pas suffisantes pour contrer les décisions administratives basées sur des éléments de droit.
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 313-14 : Ce texte traite des motifs exceptionnels permettant une admission sur le territoire français. La cour a noté qu’« en se prévalant des circonstances évoquées, Mme B... ne fait état d'aucune considération humanitaire […] de nature à justifier son admission au séjour sur le fondement des dispositions de cet article ».
Ainsi, la cour a jugé que l’arrêté du préfet était conforme aux exigences légales et que le refus de Mme B... d'obtenir un titre de séjour était fondé sur des considérations précises et légales, aboutissant au rejet de sa requête sans injonction.