Résumé de la décision
Mme D...veuve B..., ressortissante camerounaise, a interjeté appel contre un jugement du tribunal administratif d'Orléans ayant rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté du préfet d'Indre-et-Loire, daté du 24 mars 2015, portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français. Mme D... a soutenu que ce refus méconnaissait ses droits au respect de la vie privée et familiale, tels que protégés par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. La cour a rejeté la demande d'appel, concluant que le préfet n'avait pas porté une atteinte disproportionnée à ses droits.
Arguments pertinents
Les arguments clés de la décision reposent sur le fait que Mme D... n'a pas démontré l'absence d'attaches familiales dans son pays d'origine ou son impossibilité d'y trouver l'aide nécessaire. Le tribunal a ainsi statué :
1. Absence d'attaches familiales : Mme D... a vécu jusqu'à l'âge de soixante ans au Cameroun et après la mort de son mari. Le tribunal a noté qu'elle n'établissait pas de manque d'attaches familiales dans son pays d'origine.
2. Conséquences d'une exceptionnelle gravité : Il a été souligné qu'un précédent refus de titre de séjour en raison de l’état de santé de Mme D... a été maintenu, le tribunal ayant conclu que cela ne causerait pas de conséquences d'une exceptionnelle gravité.
La cour a donc écarté le moyen tiré de la méconnaissance des droits prévus à l'article 8 de la Convention. La décision finale conclut que Mme D... n'est pas fondée dans sa contestation et que ses demandes d'injonction et d'astreinte sont également rejetées :
"Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté."
Interprétations et citations légales
La décision fait référence à plusieurs textes législatifs et à la Convention européenne des droits de l'homme, notamment l'interprétation de l'article 8 concernant le droit au respect de la vie privée et familiale. Les interprétations soulignent l'importance d'établir une immixtion ou une atteinte disproportionnée pour qu'un droit soit jugé restreint.
1. Article 8 de la Convention : Le tribunal a interprété que pour qu'il y ait violation de cet article, il faut qu'une immixtion dans la vie privée de l’individu ne soit pas justifiée par des considérations d'ordre public, ce qui n’est pas le cas ici.
2. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Le refus du préfet de délivrer un titre de séjour est fondé non seulement sur l'appréciation des besoins individuels de Mme D..., mais également sur la législation en matière de contrôle des migrations.
3. Code de justice administrative - Article L.761-1 : Cet article précise les dispositions relatives aux frais de justice, soulignant que si une partie est défaite, elle ne peut obtenir le remboursement des frais d'avocat.
Ainsi, la cour constate que le préfet a respecté son pouvoir d'appréciation dans le cadre du refus de titre de séjour sans porter atteinte de manière disproportionnée aux droits de Mme D... :
"Que, par suite, le préfet d'Indre-et-Loire, qui... n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de celle-ci au respect de sa vie privée et familiale ;"
La décision conclut sans appel sur la légalité de la décision préfectorale.