Résumé de la décision
Dans une affaire opposant M. C... et Mme E... à la commune de Levesville-La-Chenard, la cour administrative d'appel de Nantes a, par un arrêt en date du 29 décembre 2014, réformé un jugement antérieur en annulant une délibération qui avait classé certaines parcelles du territoire communal (n° 556 et 557) en zone A du plan local d'urbanisme (PLU). Les requérants ont demandé l'exécution de cet arrêt, affirmant que la commune ne s'était pas conformée à l'obligation d'élaborer de nouvelles dispositions de PLU, conformément à l'article L. 123-1 du code de l'urbanisme. La cour a ordonné à la commune d'approuver un nouveau classement dans un délai de trois mois, sous peine d'astreinte.
Arguments pertinents
1. Inexécution de l'arrêt : Les requérants ont soutenu que la commune n'a pas exécuté le jugement du 29 décembre 2014, en violation de l'article L. 123-1 du code de l'urbanisme, qui impose l'élaboration rapide de nouvelles dispositions du PLU suite à une annulation.
Citation pertinente : "En cas d'annulation partielle par voie juridictionnelle d'un plan local d'urbanisme, l'autorité compétente élabore sans délai les nouvelles dispositions du plan applicables à la partie du territoire communal concernée par l'annulation." (Code de l'urbanisme - Article L. 153-7)
2. Absence de mesures d'exécution : La commune n'a pas justifié avoir approuvé de nouvelles dispositions concernant le classement des parcelles concernées. La cour a noté que l'initiative de révision du PLU n'était pas suffisante pour se conformer à la décision judiciaire.
Citation pertinente : "Il ne ressort pas des pièces du dossier que... la commune aurait approuvé les nouvelles dispositions du plan local d'urbanisme applicables à la partie de son territoire concernée par l'annulation prononcée."
3. Astérite : En cas de non-exécution dans le délai imparti, la cour a imposé une astreinte, considérant que cela était justifié pour garantir l'exécution rapide de sa décision.
Citation pertinente : "Une astreinte de 50 euros par jour est prononcée... s'il n'est pas justifié de l'exécution du présent arrêt dans le délai mentionné."
Interprétations et citations légales
La décision repose sur plusieurs textes législatifs clés :
1. Code de l'urbanisme - Article L. 153-7 : Cet article établit clairement l'obligation pour une commune de réagir rapidement à une annulation partielle de son PLU, en élaborant de nouvelles dispositions pour la parcelle concernée. Le non-respect de cette obligation a été central dans l'affaire, soulignant la nécessité d'une action administrative rapide et ciblée.
2. Code de justice administrative - Article L. 911-4 : Ce texte confère à la juridiction le pouvoir d'assurer l'exécution des arrêts en précisant que la juridiction doit définir les mesures d'exécution si le jugement n'est pas suffisamment clair à cet égard.
Citation pertinente : "En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt... la juridiction saisie procède à cette définition."
La cour a ainsi interprété ces textes comme imposant un devoir non seulement de conformité avec la décision de justice mais aussi d'efficacité administrative dans le cadre de la planification urbaine. Elle a clarifié que la commune ne pouvait pas simplement engager une révision de son PLU sans modifier le statut des parcelles explicitement requises par l'arrêt antérieur, démontrant la nécessité de mesures ciblées face à une obligation légale.