Résumé de la décision :
M. C..., ressortissant marocain, a contesté une décision du ministre de l'Intérieur qui ajournait sa demande de naturalisation pour une durée de deux ans, motif invoqué étant son insuffisante insertion professionnelle et ses ressources matérielles jugées non stables. Le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande le 28 janvier 2016. M. C... a alors interjeté appel devant la cour administrative, qui a confirmé le jugement du tribunal administratif, considérant que le ministre avait agi dans la légalité en tenant compte des éléments de la situation personnelle de M. C..., notamment son parcours professionnel, son statut de travailleur handicapé et ses ressources financières.
Arguments pertinents :
1. Pouvoir discrétionnaire de l'administration : La cour rappelle que l'administration a le pouvoir de rejeter ou d'ajourner une demande de naturalisation en vertu de l'article 27 du Code civil. En conséquence, le ministre peut apprécier l'opportunité de la naturalisation en fonction des circonstances individuelles du demandeur.
Citation : "l'administration a le pouvoir de rejeter ou d'ajourner une demande de naturalisation", Code civil - Article 27.
2. Critères d'insertion professionnelle : La cour souligne que le ministre de l'Intérieur a légitimement considéré que M. C... n'avait pas démontré une insertion professionnelle suffisante, en se basant sur son parcours depuis son arrivée en France.
Citation : "l'examen de son parcours professionnel [...] ne permettait pas de considérer qu'il avait pleinement réalisé son insertion professionnelle".
3. Recours aux prestations sociales : La cour met en avant la situation financière de M. C..., précisant qu'il bénéficiait de prestations sociales, ce qui renforce l'argument selon lequel ses ressources ne sont pas suffisantes et stables.
Citation : "le foyer de M.C..., composé de son épouse et de leurs quatre enfants mineurs, bénéficiait de prestations sociales à hauteur d'environ 1 500 euros par mois".
Interprétations et citations légales :
1. Articles sur la naturalisation :
- Code civil - Article 21-15 : "l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger."
- Décret n° 93-1362 - Article 48 : "Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation [...] il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions."
Ces articles illustrent que le processus de naturalisation est soumis à l'appréciation de l'administration, qui évalue non seulement la demande elle-même mais aussi les circonstances personnelles du demandeur.
2. Circulaires administratives : La cour note que les dispositions de la circulaire du 16 octobre 2012, sur lesquelles M. C... s'appuie, sont dépourvues de caractère réglementaire et ne peuvent donc pas être invoquées pour contester la décision du ministre.
Citation : "M. C... ne peut utilement se prévaloir des dispositions de la circulaire du 16 octobre 2012, qui sont dépourvues de caractère réglementaire."
En résumé, la cour confirme que la décision du ministre de l'Intérieur d'ajourner la demande de naturalisation est fondée sur une interprétation légitime des faits et des seuils d'insertion professionnelle requis pour l'obtention de la nationalité française.