Résumé de la décision
Mme B...C...épouse A..., ressortissante camerounaise, a demandé, par requête enregistrée le 4 septembre 2017, l'annulation d'un jugement du tribunal administratif de Rennes du 24 février 2017, qui avait rejeté sa demande d'annulation de la décision du préfet d'Ille-et-Vilaine datée du 19 mai 2015. Cette décision refusait de lui accorder un titre de séjour au titre de l'asile et la plaçait en procédure prioritaire, considérant que sa demande d'asile constituait un recours abusif. La cour a confirmé le jugement du tribunal administratif, rejetant la requête de Mme C...épouse A... et les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte, ainsi que celles liées à l'aide juridictionnelle.
Arguments pertinents
1. Motivation de la décision préfectorale : La cour a estimé que la décision contestée mentionnait des considérations de droit et de fait suffisantes pour justifier le refus de séjour. Le jugement faisait référence à l’absence d’un examen individualisé de la situation de la requérante, tandis que le préfet avait effectivement pris en compte les éléments pertinents.
> "la décision contestée vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment son article L. 741-4 4° [...] comporte ainsi les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde pour rejeter la demande."
2. Recours abusif aux procédures d'asile : La cour a jugé que, compte tenu du délai de trois ans avant la présentation de la demande d'asile, le préfet n’avait pas commis d’erreur manifeste d’appréciation en considérant cette démarche comme abusivement tardive, ce qui justifiait le refus de l’admission sur le territoire.
> "le préfet d'Ille-et-Vilaine n'a commis aucune erreur d'appréciation en estimant que la demande de Mme C...épouse A... constituait un recours abusif aux procédures d'asile."
Interprétations et citations légales
1. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 741-4 : Cet article stipule que le refus d’admission peut être fondé sur le caractère abusif de la demande d’asile. L'article est interprété ici comme fournissant une base légale pour rejeter les demandes tardives sans motif valable.
> "Sous réserve du respect des stipulations de l'article 33 de la convention de Genève [...] l'admission en France d'un étranger qui demande à bénéficier de l'asile ne peut être refusée que si [...] 4° La demande d'asile repose sur une fraude délibérée ou constitue un recours abusif aux procédures d'asile."
2. Sur le devoir de motivation de l'administration : La motivation de la décision préfectorale a été jugée suffisante. Le tribunal a précisé que le préfet était tenu de considérer l’ensemble des éléments pertinents mais n'était pas obligé de mentionner ceux qu'il écarte dans sa décision.
> "le préfet, lequel n'était pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments qu'il a écartés dans l'appréciation de la situation de la requérante."
Cette décision est révélatrice de l'application stricte des normes du droit d'asile et du pouvoir d'appréciation laissé aux autorités compétentes. Elle démontre également l'importance de la motivation des décisions administratives, tout en respectant le cadre légal établi.