Résumé de la décision
M. et Mme B... ont contesté la décision de la commission départementale d'aide sociale du Maine-et-Loire qui a mis à leur charge un indu de 3 542,71 euros, suite à une utilisation non conforme de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) de M. B... pour la période allant du 1er août 2015 au 31 mars 2017. Le couple a demandé l'annulation de cette décision et une remise totale de la dette, arguant de leur précarité financière. La cour administrative d'appel a rejeté leur requête, confirmant le bien-fondé de la décision de la commission départementale et indiquant que leur situation financière ne justifiait pas une remise totale de la dette.
Arguments pertinents
1. Respect du plan d'aide : La cour a déterminé que les sommes allouées à M. B... n'avaient pas été utilisées conformément au plan d'aide, ce qui a conduit à la qualification de la somme comme indu. Il est énoncé que "la somme allouée dont le remboursement a été demandé n'a pas été utilisée conformément au plan d'aide."
2. Situation financière des requérants : La cour a examiné les déclarations des requérants concernant leurs revenus et leurs charges. Bien que M. et Mme B... aient évoqué leur précarité, la cour a noté qu'ils disposaient d'une épargne et n'ont pas démontré une situation de précarité financière suffisante pour justifier la remise de l'indu. Cela se traduit par l'affirmation selon laquelle "il ne résulte pas de l'instruction que les requérants seraient placés dans une situation de précarité ni que leur situation financière ne leur permettrait pas de rembourser les sommes indûment perçues."
3. Remise partielle : La cour a reconnu que la commission avait déjà opéré une remise partielle de 4 000 euros, indiquant ainsi que l'autorité administrative prenait en compte la situation financière du couple. Elle souligne qu'aucune contestation en appel n’a été faite à cet égard.
Interprétations et citations légales
1. Législation sur l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) : L'article L. 232-1 du Code de l'action sociale et des familles énonce le droit à l'APA pour les personnes âgées en perte d'autonomie. Cela constitue la base légale justifiant l'attribution de l'aide, et par conséquent, pose la nécessité de recours à un contrôle sur l'utilisation des fonds :
- Code de l'action sociale et des familles - Article L. 232-1 : "Toute personne âgée résidant en France [...] a droit à une allocation personnalisée d'autonomie permettant une prise en charge adaptée à ses besoins."
2. Obligation de justification des dépenses : L'article L. 232-7 impose aux bénéficiaires de fournir des justificatifs des dépenses réalisées avec l’APA. Le non-respect de cette obligation a conduit à la décision de recouvrement de l'indu.
- Code de l'action sociale et des familles - Article L. 232-7 : "Le bénéficiaire de l'allocation personnalisée d'autonomie est tenu de produire tous les justificatifs de dépenses correspondant au montant de l'allocation."
3. Récupération des indus : L'article D. 232-31 précise les modalités de récupération des paiements indus, stipulant que cela peut être effectué par retenue sur allocations à échoir ou par remboursement. Cela a été appliqué dans le cas présent pour le montant contesté.
- Code de l'action sociale et des familles - Article D. 232-31 : "Tout paiement indu est récupéré par retenues sur le montant des allocations à échoir [...]".
4. Contrôle d'effectivité de l'aide : L'article R. 232-17 souligne que le département doit organiser le contrôle d'effectivité de l'aide, ce qui est pertinent pour établir que la commission a agi dans ses prérogatives en vérifiant l'utilisation des fonds.
- Code de l'action sociale et des familles - Article R. 232-17 : "Le département organise le contrôle d'effectivité de l'aide."
Ces considérations juridiques et l'application stricte des textes constituent le fondement de la décision de la cour administrative d'appel, justifiant ainsi le rejet de la requête de M. et Mme B....