Résumé de la décision
M. C..., un ressortissant guinéen, a fait appel d'un jugement du Tribunal administratif de Paris qui avait rejeté sa demande d'annulation d'un arrêté du préfet de police lui imposant une obligation de quitter le territoire français. Cette obligation, notifiée le 4 juillet 2017, était fondée sur le 6° du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La Cour a confirmé que la requête de M. C..., enregistrée en septembre 2017, était tardive. En conséquence, la requête a été rejetée, tout comme les conclusions d’injonction.
Arguments pertinents
1. Recevabilité de la requête : La Cour a statué que la saisine du tribunal administratif par M. C... était tardive, puisque le délai de quinze jours pour contester l'obligation de quitter le territoire était expiré au moment de son dépôt. La décision précise : « Ainsi, les conclusions tendant à l'annulation de la décision attaquée devant le tribunal administratif ont été présentées tardivement et n’étaient, par suite, pas recevables. »
2. Délai de contestation : Selon les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification d'une obligation de quitter le territoire fait courir un délai de quinze jours pour faire appel. Le non-respect de ce délai entraîne l'irrecevabilité de la demande, comme le souligne la Cour.
3. Aide juridictionnelle : La décision précise que la demande d'aide juridictionnelle de M. C... n'a pas prorogé le délai de contestation, affirmant que « l'introduction d'une demande d'aide juridictionnelle [...] ne saurait avoir pour effet de proroger le délai de quinze jours ».
Interprétations et citations légales
1. Application des délais de contestation : Le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile stipule clairement les délais applicables lors de la notification d'une obligation de quitter le territoire. En particulier, l'article L. 512-1 - I bis précise les conditions dans lesquelles un étranger peut contester cette obligation : « L'étranger [...] peut, dans un délai de quinze jours à compter de sa notification, demander au président du tribunal administratif l’annulation de cette décision [...] ».
2. Impossibilité d'extension du délai : Le code de justice administrative -Article R. 776-2- souligne que les délais de quinze jours pour contester une obligation de quitter le territoire ne sont susceptibles d'aucune prorogation. Ce principe est crucial pour maintenir l'efficacité du système juridique en gérant efficacement les demandes.
3. Décision de la Cour : La Cour a traité ces principes de manière rigoureuse, en concluant que les circonstances invoquées par M. C... ne justifiaient pas une remise en cause du respect des délais légaux. C’est ce qui ressort clairement des paroles de la décision : « Le délai de quinze jours dont il disposait pour saisir le tribunal [...] n'a pas été prorogé par sa demande d'aide juridictionnelle. »
Ces éléments mettent en avant la stricte application des textes de loi régissant les délais de recours et la nécessité pour les requérants de se conformer à ces exigences pour que leur demande soit recevable. La décision souligne donc non seulement l’importance de respecter les délais dans le cadre des recours administratifs, mais aussi la rigueur avec laquelle les juridictions administratives appliquent ces règles.