Résumé de la décision
Mme B... C..., de nationalité marocaine, a demandé l'attribution de l'aide médicale de l'État (AME) en mars 2016, mais sa demande a été rejetée par la caisse primaire d'assurance maladie de la Seine-Saint-Denis en janvier 2017. En raison de ce refus, elle a saisi la commission départementale d'aide sociale, qui a confirmé le rejet en juin 2017. La Cour administrative d'appel de Paris a finalement rejeté la requête de Mme C..., considérant qu'elle ne remplissait pas la condition de résidence ininterrompue en France durant les trois mois précédant sa demande.
Arguments pertinents
La cour a fondé son rejet sur la non-conformité de la situation de Mme C... avec les exigences légales relatives à l'obtention de l'AME. En particulier, la décision souligne que "tout étranger résidant en France de manière ininterrompue depuis plus de trois mois" a droit à l'AME, en se référant à l'article L. 251-1 du Code de l'action sociale et des familles. Dans le cas présent, la cour a constaté que Mme C... avait quitté la France le 28 février 2016 et y était revenue le 10 mars 2016, ce qui interrompt la continuité de sa résidence.
Interprétations et citations légales
L'article pertinent ici est le suivant :
- Code de l'action sociale et des familles - Article L. 251-1 : "Tout étranger résidant en France de manière ininterrompue depuis plus de trois mois, sans remplir la condition de régularité mentionnée à l'article L. 160-1 du code de la sécurité sociale et dont les ressources ne dépassent pas le plafond mentionné à l'article L. 861-1 de ce code a droit à l'aide médicale de l'Etat pour lui-même (...)".
L'application de cet article indique clairement que la condition de résidence ininterrompue est essentielle pour bénéficier de l'AME. La cour a interprété le texte de manière stricte, affirmant que l'absence d’une résidence continue de plus de trois mois exclut Mme C... du bénéfice de l’aide. Cela souligne l'importance des preuves de résidence continue pour les étrangers en situation précaire en France.
En conclusion, la décision rendue par la Cour administrative d'appel de Paris a corroboré la légitimité du refus de l'AME en raison du non-respect des conditions posées par le Code de l'action sociale et des familles. La cour a ainsi renforcé l’interprétation stricte des critères d’éligibilité à l'AME, en mettant en avant le respect des exigences légales quant à la durée de résidence ininterrompue.