Résumé de la décision :
M. A... conteste un jugement du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise qui a rejeté sa demande de décharge de cotisations d'impôt sur le revenu et de contributions sociales, suite à la réintégration par l'administration fiscale d'une somme de 200 000 euros, versée par la société Agetel à M. A... sous prétexte de droits d'auteur. La cour a confirmé le jugement du tribunal en considérant que cette somme n'était pas justifiée par des œuvres de l'esprit et a considéré le paiement comme un revenu distribué. Les pénalités appliquées ont également été jugées justifiées.
Arguments pertinents :
1. Sur la nature des revenus :
La Cour a qualifié la somme de 200 000 euros versée à M. A... de "revenu distribué" au sens où elle ne correspondait pas à des droits d'auteur valides, mais plutôt à une distribution de bénéfices. La Cour a souligné que le requérant n’a pas pu prouver la réalité de sa participation créative, indiquant que "les documents produits sont dépourvus de date et que rien n'indique que le requérant aurait participé à leur élaboration".
2. Sur le caractère délibéré des manquements :
La décision considère que M. A... a délibérément mal déclaré la somme, qu'il a inscrite dans la catégorie des traitements et salaires, au lieu de revenus de capitaux mobiliers. La Cour note que l'administration produit des preuves montrant que "l’intéressé n'a réalisé, au cours de cette année, aucune production de nature à justifier la perception de sommes à titre de droits d'auteur".
Interprétations et citations légales :
La décision s’appuie sur des dispositions spécifiques du Code général des impôts concernant la qualification des revenus :
- Code général des impôts - Article 92 : Cet article prévoit que les bénéfices de toutes sources, ne se rattachant pas à une autre catégorie, sont considérés comme des revenus assimilés aux bénéfices non commerciaux. En l'occurrence, la Cour a souligné que les produits de droits d'auteur doivent être intégralement déclarés pour bénéficier de l'imposition favorable applicable aux traitements et salaires.
- Code général des impôts - Article 109 : Cet article décrit ce qui est considéré comme "revenus distribués", notamment les bénéfices non réinvestis ou incorporés au capital. La Cour a utilisé cette définition pour justifier l'imposition de M. A... sur ces 200 000 euros.
- Code général des impôts - Article 1729 : Concernant les pénalités, cet article stipule que des inexactitudes dans une déclaration peuvent entraîner des majorations d'impôt. La Cour a retenu que M. A... avait commis un "manquement délibéré" en qualifiant incorrectement ses revenus, ce qui a conduit à la justification des pénalités appliquées.
En somme, la décision de la Cour illustre l'importance de la qualification précise des revenus et des preuves à fournir pour justifier cette qualification, ainsi que les conséquences juridiques d'une déclaration erronée.