Résumé de la décision :
Dans un arrêt rendu le 15 mai 2018, M. A..., un ressortissant pakistanais, a contesté un arrêté du préfet du Val-d'Oise daté du 14 décembre 2017, qui refusait de lui délivrer un titre de séjour en France et l'obligeait à quitter le territoire français sous 30 jours. La Cour a annulé tant le jugement du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise que l'arrêté préfectoral, en reconnaissant que M. A... contribuait effectivement à l'entretien et à l'éducation de sa fille, une condition qui lui permettait d'obtenir un titre de séjour. En conséquence, il a été enjoint au préfet de délivrer une carte de séjour temporaire à M. A..., et l'État a été condamné à verser 1 500 euros pour les frais juridiques engagés par le requérant.
Arguments pertinents :
1. Participation à l'entretien de l'enfant : M. A... a plaidé qu'il était père d'une fille mineure née en France et qu'il participait activement à son entretien, invoquant des versements supérieurs aux obligations définies par l'ordonnance du juge aux affaires familiales. Le Tribunal a retenu que "M. A... doit être regardé comme ayant participé à l'entretien et à l'éducation de son enfant français au sens des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers".
2. Erreur de fait dans l'arrêté préfectoral : L'arrêté du préfet est annulé en raison d'une "erreur de fait", car il s'appuyait sur le constat inexact que M. A... ne contribuait pas à l'éducation de son enfant. La Cour a conclu que "sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête", cet argument suffisait à justifier l'annulation.
3. Injonction de délivrance de titre de séjour : La Cour a estimé qu'il était nécessaire d'exiger du préfet qu'il délivre un titre de séjour, en précisant qu'aucune astreinte n'était nécessaire dans cette affaire.
Interprétations et citations légales :
1. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 313-11 : La décision s'appuie sur cet article, qui stipule que "la carte de séjour temporaire portant la mention 'vie privée et familiale' est délivrée de plein droit... à l'étranger... qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France". Cet article établit clairement les droits des étrangers en matière de séjour liés à la parentalité.
2. Conditions de contribution à l'entretien de l'enfant : Le code prévoit que les étrangers doivent démontrer qu'ils contribuent effectivement à l'entretien et à l'éducation de leur enfant. La Cour a constaté que M. A... avait réalisé des versements mensuels significatifs pour l'entretien de sa fille, ce qui répondait aux exigences de l'article L. 313-11.
3. Article L. 761-1 du code de justice administrative : Ce dernier article a été invoqué pour condamner l'État à verser 1 500 euros à M. A... pour couvrir ses frais de justice. Il stipule que les dépens comprennent les frais engagés par le requérant, ce qui permet aux juridictions d'indemniser les parties pour les frais exposés dans le cadre de procédures juridiques.
Ainsi, cette décision illustre l'importance du respect des normes juridiques en matière familiale et immigratoire, tout en soulignant le rôle des juridictions administratives dans la protection des droits des étrangers.