Résumé de la décision
Le Syndicat Interdépartemental d’Assainissement de l’Agglomération Parisienne (SIAAP) a interjeté appel d'un jugement rendu le 27 mai 2016 par le Tribunal administratif de Versailles, lui refusant la décharge des cotisations de taxe d’aménagement s’élevant respectivement à 579 264 euros et 302 146 euros. Ces cotisations étaient liées à des permis de construire délivrés pour des projets d'infrastructure publique. La Cour a décidé de transmettre la requête du SIAAP au Conseil d'État, constatant que les litiges relatifs à la taxe d’aménagement relevaient de la compétence du Conseil d'État et non de celle des cours administratives d'appel.
Arguments pertinents
1. Inapplicabilité de l'appel : La décision souligne que, selon l'article R. 811-1 du code de justice administrative, le tribunal administratif statue en premier et dernier ressort sur les litiges relatifs aux impôts locaux, y compris la taxe d’aménagement.
> "Toute partie présente dans une instance devant le tribunal administratif (...) peut interjeter appel contre toute décision juridictionnelle rendue dans cette instance. Toutefois, le tribunal administratif statue en premier et dernier ressort : (...) 4° Sur les litiges relatifs aux impôts locaux et à la contribution à l'audiovisuel public."
2. Nature de la taxe d’aménagement : Il est précisé que la taxe d'aménagement est considérée comme un impôt local mentionné dans l’article R. 811-1, ce qui rend l’appel inadmissible. Seuls les pourvois en cassation devant le Conseil d'État sont possibles.
> "La taxe d'aménagement créée par l'article 28 de la loi de finances rectificative pour 2010 susvisée, qui se substitue à la taxe locale d'équipement, est au nombre des impôts locaux mentionnés au 4° de l'article R. 811-1."
Interprétations et citations légales
1. Article R. 811-1 du code de justice administrative : Cet article précisé que les litiges en matière d'impôts locaux, y compris la taxe d’aménagement, relèvent de la compétence du Conseil d'État et non des cours administratives d'appel. La Cour a appliqué cette règle pour justifier la transmission de l'affaire, affirmant que les décisions des tribunaux administratifs dans ces cas sont rendues en dernier ressort.
2. Article R. 351-2 du même code : Cet article stipule que lorsque des conclusions sont jugées relever de la compétence du Conseil d'État, l'affaire doit être transmise à celui-ci.
> "Lorsqu'une cour administrative d'appel est saisie de conclusions qu'elle estime relever de la compétence du Conseil d'Etat, le dossier doit être transmis au Conseil d'Etat qui poursuit l'instruction de l'affaire."
3. L'article 28 de la loi de finances rectificative pour 2010 : Cet article, en établissant la taxe d’aménagement, a introduit un nouvel impôt local, qui fait partie des catégories d'impôts soumis à la règle du premier et dernier ressort en matière de litiges fiscaux.
L'analyse de ces dispositions met en lumière la clarté des règles concernant la compétence juridictionnelle en matière d'impôts locaux, et souligne l'importance de suivre les voies de recours appropriées selon la nature des litiges fiscaux.